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L’agonie des nuits


Toi mon amante jadis tant redoutée, jamais tu ne me laisses de repos. Tel le forçat condamné à trainer le poids de ses fautes, je suis enchainé à tes pas. Chaque jour, invisible mais pourtant plus présente que tous ces singes croisés dans les transports en commun hantés d’âmes solitaires, tu prends mon esprit dans tes aurores boréales. Ta main me guide vers des rivages cotonneux. Une lumière d’un blanc écœurant me berce parmi des ondes nauséeuses.

Quelle est cette tristesse qui s’écoule en moi ? La marée ne cesse d’enfler, charriant des miasmes d’idées décomposées et de songes éventrés par la lame de ton indifférence. Sous ton joug, écrire est devenu mon agonie. Je te sens là, à mes côtés, toujours prête à me prendre à la gorge, à jeter sur ma poitrine ton filet d’oppression.

Mes nuits sont devenues notre champ de bataille. Tu dresses tes oriflammes, petits tissus de soie flottant dans le vide de mon inspiration. La meute en furie se bouscule. Gueules écumantes, oreilles dressées au son de l’hallali. Pourtant, vois. Je ne tremble pas. J’ai revêtu depuis longtemps mon armure d’indifférence. Tes sbires ne sauraient m’atteindre.

Viens mon amante. Regarde ! Je m’offre à toi. Prends possession de ma chair. Violente-moi et abuse de mon corps sous les larmes lunaires. Lacère-moi la peau ; repaît toi de ma chair morte. Tes lèvres goûtent la solitude sur chaque pore de ma peau, s’en délectent sans jamais être rassasiées. Tu glisses ta langue dans mon cerveau, embrasse amoureusement toutes mes peurs pour mieux les entretenir. Et je sens tes dents me déchirer les entrailles, espérant voir couler ce qui s’est tari depuis longtemps.

Viens ma succube… viens t’empaler.

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