7
Le geôlier
Catégorie: En vers, PoésieTags:

Je marche sur les horizons superposés des futurs finis.
La lande des lendemains desséchés s’étend vers nul part.
Jours et nuits s’embrassent et viennent étreindre l’infini.
Les rires des matins chagrins fécondent les pleurs du soir.
Un enfant perdu hurle, prisonnier de la chair d’un adulte.
Il s’agrippe à mes veines et déchire mes muscles endoloris.
De sa tristesse, il fait de chacun de ses souvenirs une insulte.
Dans sa solitude, il se forge un monde sous le signe de l’oubli.
Derrière mes rêves, j’ai recherché la clef pour le libérer.
Sous les lettres de mes vers, j’ai cru trouver la serrure.
Ma quête est restée vaine et je suis malgré moi ce geôlier.
Je reste debout dans le champ du Présent avec une cassure.





Plus qu’un « devoir de mémoire » envers cet enfant, il y a sa permanence dans l’adulte que nous sommes, malgré tout, malgré l’amertume qu’apporte la vie et dont il était dépourvu…Vivant témoin, il y a ce « je » qui est toujours » lui » et à qui il faut rendre un peu de sa légèreté, il le faut, sans quoi la vie ne peut être vécue…
Merci pour ce passage Volcane.
En effet, il convient de ne pas oublier que l’enfant réside en nous, y compris dans nos corps d’adultes. Le tout est de savoir lui rendre hommage afin de ne pas l’oublier.