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Saisons mortuaires
Catégorie: En vers, PoésieTags:

Doucement, la lame s’est enfoncée en toi.
Tes yeux sont venus embrasser les cieux.
Ta bouche ouverte a expiré un ultime émoi.
Doucement, ton corps a chu en ce lieu.
Une terre de poussière ocre comme linceul,
Un soleil de plomb comme seul candélabre,
Un silence si présent mais pourtant si seul,
En cette contrée, je plante la graine de l’arbre.
L’Hiver âpre vient changer ton drap mortuaire.
Ses mains d’engelures cosmiques te recouvrent.
Sous un miroir nocturne gelé, se fige la terre.
Déjà, la graine se repaît de tes anciens atours.
Le Printemps détrône la frigide Dame blanche.
Sa chevelure de verdure féconde le sol mis à nu.
Elle habille la plaine de son habit du dimanche.
La graine devient arbrisseau de ton passé déchu.
Un grand saule pleureur naît dans l’étreinte de l’Eté.
Son feuillage dégouline en cascade sur ton souvenir.
Ses racines plongent dans ton image décomposée.
Comme pour toi, cet Automne, je viendrai l’occire.





On dit que le cèdre est un fantôme, mais j’aime ses bras, je me blottis contre son corps et j’attends que ses ramures m’enlacent. Le saule pleureur je le regarde comme des lianes qui ne veulent pas me perdre, elles sont des laçots qui me rapprochent à l’essentiel le corps.
Le saule pleureur est l’un des arbres parmi les plus magnifiques que nous puissions avoir dans nos contrées. Il invite tout autant à la mélancolie qu’au rêve. Et en effet, pour qui sait être patient, il enlace l’esprit puis les écrits