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Vendetta sur la médiocratie


Depuis ses origines, Internet est un bouillon de culture dont peut émerger le meilleur comme le pire.  Pour ce qui relève de la seconde catégorie, les exemples ne sauraient manquer. L’un des plus fameux se nomme Mickael Vendetta. Inconnu du grand public, il est parvenu à imposer son nom et sa présence dans les médias par le truchement d’un blog dans lequel il présentait un concept en carton-pâte : la bogossitude. Ajoutons à cela une attitude outrancière, jouant à l’excès sur la mégalomanie, la vantardise et le mépris d’autrui. Tous les ingrédients étaient réunis pour que ce digne ambassadeur de la culture du Rien fasse un buzz. Et pour un représentant de cette espèce,  quelle suite pouvait être plus logique que d’échouer dans l’une de ces ambassades du néant intellectuel ? Endemol, producteur de « La Ferme des célébrités », ne pouvait laisser passer l’occasion de l’enfermer dans son cirque en compagnie de peoples au statut périmé. A l’issue de plusieurs semaines de diffusion ad-nauseam de cette émission,  Mickael Vendetta fut le gagnant avec 51 % des votes du public. A l’issue de cette victoire, il a déclaré à France-Soir : « Je veux envahir la société, que ma tronche soit partout« . Au moins sommes-nous avertis. Mais la société n’a jamais au final que ce qu’elle mérite. En portant au pinacle le roi autoproclamé de la « bogossitude », elle ne fait qu’entériner l’abrutissement de notre sens de la réflexion, la mise sous scellée de notre capacité à nous enrichir l’esprit.  Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1 affirmait vendre  » du temps de cerveau humain disponible« . Il avait eu la maladresse de dire franchement ce qui est une réalité  chaque jour plus vraie.

Car du temps de cerveau, il y en a des wagons complets. Le web est un espace où résident de nombreuses gares de l’inutile et de l’éphémère pour accueillir ces wagons. Ces arrêts sont souvent des Skyblog. Le réseau Skyrock (dont font partie ces Skyblog) est l’un des plus fréquentés par les internautes français. Pour cause. Sur cette plate-forme, il est possible de créer son blog. Or, force est de constater que ceux-ci atteignent des sommets dans la vacuité et la bêtise. Pour l’essentiel, ils sont un hymne au vide et à l’absence de toute construction intellectuelle. La fréquentation de ces espaces est d’ailleurs à déconseiller fortement aux cardiaques amoureux de la langue de Molière. Les déclarations enflammées (ou non) s’y font sous le règne du langage SMS. Comment ne pas s’émouvoir sur des superbes « ke j tm bb », Kr0 4 ever » et autres joyeusetés ? Rien d’étonnant à ce que le terreau de naissance de Mickael Vendetta se trouve dans ce haut lieu de pollution du net.

Un autre arrêt fréquent de ces tristes convois sont les réseaux sociaux avec l’inévitable Facebook en tête. Chacun en fait l’usage qu’il souhaite et il est vrai que le site se révèle fort utile : partager des informations, retrouver des anciens collègues ou camarades, se tenir informé du parcours de tel ou tel, … La liste est longue. Cependant, la vocation première de Facebook, à savoir interconnecter entre eux autant de monde que possible, est également son cheval de Troie par lequel la médiocrité arrive. Plus un site devient populaire et ouvert, plus il perd en qualité. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un oeil sur les groupes créés par les membres. La majorité font abstraction de l’orthographe la plus élémentaire et les commentaires déposés ne revêt pas la moindre once de réflexion. Toujours sur Facebook, certains profils paraissent des ovnis venus d’un ailleurs improbable. La consultation d’un site comme Faceploucs (une véritable mine d’or) devrait convaincre les plus sceptiques sur ce point.

La liste des arrêts du train de l’inculture pourrait être longue mais je me bornerai ici à n’évoquer que les cas susnommés. Ils se suffisent pour pointer du doigt la médiocratie engendrée via le tuyau internet et une certaine télé poubelle. Celle-ci est regrettable mais néanmoins inévitable. A partir du moment où un outil se voit approprié par la masse, il tombe dans cette médiocratie.

Que mes détracteurs soient rassurés, je ne prétends pas m’en exclure.
Je ne suis, comme eux, qu’un vulgum pecus.

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