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Affaire Bettencourt : La contre-offensive ratée du gouvernement
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Rien ne va plus en Sarkoland. Eric Woerth est plongé dans la tourmente et chaque jour qui passe amène son lot de nouvelles révélations. A dire vrai, je dois avouer ne pas participer à la curée générale. Si la tentation du « Tous pourris » est forte, cette affaire est trop compliquée pour pouvoir se contenter d’un avis aussi lapidaire. Laissons la justice faire son travail.
Cependant, sans tomber dans le procès d’intention facile, certains faits méritent tout de même d’être soulignés pour mieux les dénoncer.
Ainsi est-ce le cas de l’attitude de quelques membres du gouvernement qui, sous prétexte de défendre le ministre du Travail, se permettent des propos inadmissibles. Une nouvelle fois, par le truchement du site Mediapart, Internet se retrouve sur le banc des accusés. Pour mémoire, cet excellent média web a rendu public le témoignage dans leurs colonnes de l’ancienne comptable des Bettencourt. Certes, aucune preuve n’est avancée mais cela n’enlève rien à l’intérêt de ces confessions. Mediapart a effectué son boulot et, puisqu’il semble utile de le dire, un beau boulot. Pourtant, Xavier Bertrand s’est permis de qualifier les enquêtes de ce média de «méthodes fascistes». Christian Estrosi a renchéri pour sa part sur France Info en affirmant que « Ce fameux site (lui) rappelle une certaine presse des années 30 », allusion très claire au fascisme de nombreux écrits de l’époque. Ces ténors de la majorité qui aiment tant dénoncer Internet, ont, avec ces propos, endossé leurs plus beaux habits de troll pour gagner chacun un point Godwin. Le paradoxe est amusant. La défense peut passer par l’attaque mais encore faut-il qu’elle soit portée avec intelligence. Ici, ce n’est clairement pas le cas. Il est d’ailleurs à noter, comme un pied-de-nez du destin, que cette publicité inespérée a permis à Mediapart d’enregistrer 1000 abonnements supplémentaires en une seule journée.
Il convient également de s’indigner du manque de clairvoyance d’Eric Woerth qui a laissé sa femme être gestionnaire de patrimoine au sein de Clymène, la structure qui gère le patrimoine personnel de Liliane Bettencourt. Au mieux, il aurait dû lui demander de renoncer à ce poste et au pire, démissionner de ses propres fonctions. Que celui-ci n’est fait ni l’un ni l’autre vient renforcer ses détracteurs. Dans l’hypothèse plus qu’invraisemblable où il n’aurait pas songé aux conflits d’intérêts engendrés par cette situation, il mérite tout simplement un bon coup de pied aux fesses.
Enfin, comment ne pas s’insurger de l’apparent mépris dans lequel le Président de la République semble tenir l’opinion publique. Alors que les français souffrent d’une des crises les plus graves depuis l’après-guerre, qu’une politique d’austérité refusant de dire son nom se met en place, il n’a pour le moment pas daigné s’expliquer. Certains argueront qu’il attend son allocution traditionnelle du 14 juillet pour le faire. Que ne le fait-il avant ? En se taisant de la sorte, il envoie le pire des messages : donner à penser au pays que les sphères du pouvoir continuent leurs petits arrangements entre eux tandis que la majorité souffre en silence en se serrant la ceinture.




