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Archives de la Catégorie ‘Chroniques’

« Le dernier exorcisme », à exorciser rapidement


Ma culture cinéphile est loin d’être parfaite. Nombreux sont les grands classiques que je n’ai pas vu. Cependant, je tente depuis quelques temps de rattraper le temps perdu en me rendant au cinéma une fois par semaine. Vendredi dernier, après un long moment d’hésitation, j’ai opté pour « Le dernier exorcisme« , long-métrage américain se réclament du genre épouvante-horreur. Une bande-annonce alléchante, interdit aux moins de 16 ans, ces quelques indices pouvaient laisser augurer d’une séance agrémentée de quelques frissons.

Pour pasticher Ardisson, le « pitch » est le suivant : Le révérend Cotton Marcus, réputé pratiquer des exorcismes, est en fait un charlatan véreux et cupide qui aime user de différents stratagèmes pour faire croire à ses ouailles qu’il libère les âmes torturées. Dans le cadre d’un documentaire, c’est flanqué d’une équipe de tournage qu’il se rend dans une ferme isolée où il s’attend à résoudre un énième cas de prétendue possession sur un fanatique religieux plus que dérangé psychologiquement. Arrivé sur place, il réalise qu’il est en fait le dernier recours pour aider une adolescente, Nell, possédée par un démon. Le révérend se rend rapidement compte que rien n’aurait pu le préparer au mal qu’il va affronter. Ne pouvant faire machine arrière, il se trouve dans l’obligation de faire face.

Le tout est filmé comme un docu-fiction avec caméra embarquée. Partant d’une idée plutôt sympathique, même si déjà exploitée par Blairwitch, le film s’avère au final très décevant. Les génériques de début et de fin sont quasi inexistants. Sur un scénario mal ficelé, l’histoire se met en place trop lentement. On se demande pourquoi Daniel Stamm, le réalisateur, a éprouvé le besoin de s’appesantir à ce point sur des détails qui n’apportent rien à l’intrigue. Pour les frissons, que nenni. A peine est-ce si une légère inquiétude commence à poindre dans le dernier 1/4 d’heure. Mais rien digne de faire sauter au plafond le spectateur. Les quelques scènes sanguinolentes sont plus risibles qu’autre chose. Enfin, la fin est une apothéose d’idioties en queue de poisson, expédiée en quelques minutes.

Le plus effrayant au final demeure l’interdiction aux moins de 16 ans. Car comment justifier celle-ci devant un navet aussi insipide ? On appréciera cependant le jeu d’actrice de Nell (la possédée) qui sauve un minimum le reste. Si vraiment vous n’avez rien d’autre à voir, vous pouvez toujours tenter l’expérience. Mais prévoyez le pop-corn pour vous bâfrer non pas d’angoisse mais d’ennui.

Putain de temps…


Il fut une époque où j’enchainais les nuits blanches. Je menais une vie étudiante endiablée, ponctuée par les soirées en boites après lesquelles j’embrayais sur la journée de cours. Le Guronsan était alors un allié précieux pour tenir. J’avais la vingtaine et la fatigue se gérait sans trop de mal. Quinze ans après, je ne puis plus en dire autant. Le prix à payer pour le vol d’une nuit à Morphée est douloureux : deux jours ternes, dans un morne brouillard, le cerveau quelque peu au ralenti. Des moments comme cela sont terribles, non pas tant à cause de cet état cotonneux mais plus en raison de cet éclat de lucidité qu’ils offrent sur une jeunesse révolue où nous pouvions encore prélever avec insolence son content de réserve. Insouciant, on ne réalise pas qu’il faudra un jour commencer à rembourser, non pas ce capital dilapidé qui ne reviendra plus, mais simplement les intérêts.

Je suis encore bien loin de la vieillesse. Même pas quarante années révolues c’est dire… Et pourtant, je trouve déjà ce banquier céleste bien cruel. Je n’aime pas ces tempes qui, imperceptiblement, blanchissent. Le nombre de cheveux au cm carré est ancré dans une chute sans fond, si ce n’est celle de me retrouver sans un poil sur le caillou. Je n’ai rien contre les chauves. Certains portent  plutôt bien cette « chauvitude » précoce. Mais non, je ne puis me résoudre à rejoindre le camp des crânes luisants.

Jamais mon corps n’a été objet d’un culte du nombrilisme. Mais quand je me regarde dans la glace, impossible de nier cette évidence : je ne suis plus aussi mince que par le passé. Certes, ceux qui me connaissent sourient quand je m’en ouvre auprès d’eux. Après tout, je ne suis sans doute pas même en léger surpoids. Mais incontestablement, mon ventre s’est légèrement arrondi et dans cet arrondi se dessine l’amorce d’une tare familiale où les hommes,  la cinquantaine venue, se retrouvent parfois à jouer au bon quidam ventripotent. Je ne suis pas encore prêt à l’accepter.

Mais qu’importe. Le temps est un tyran contre lequel toute lutte est vaine. Il nous fouette sans relâche en se marrant.

Putain de temps…

L’Europe des tartufes


Les pères fondateurs de l’Union européenne, principaux architectes de sa construction, doivent actuellement tant se retourner dans leurs tombes qu’ils en sont devenus des toupies. « Nous avons acquis, par la démonstration des faits, que les nations, loin de pouvoir se suffire à elles-mêmes, sont solidaires les unes des autres ; que le meilleur moyen de servir son pays est de lui assurer le concours des autres par la réciprocité des efforts et par la mise en commun des ressources ». Ainsi s’exprimait Robert Schuman dans son ouvrage « Pour l’Europe« . Jean Monnet, autre Père de l’Europe, quelques semaines après la mise en place des institutions de la CECA, expliquait à la presse américaine que, « aussi longtemps que l’Europe restera morcelée, elle restera faible, et sera une source constante de conflits. […] Avec le plan Schuman et avec l’armée européenne, nous avons posé les fondations sur lesquelles nous pourrons construire les États-Unis d’Europe, libres, vigoureux, pacifiques et prospères. »

C’était en 1952, déjà une autre époque. Et les évènements qui se sont déroulés lors du sommet européen de jeudi l’attestent avec force. Les idéaux originels, puisant leurs force dans le terreau d’une volonté politique forte et inébranlable, sont désormais périmés. Dans les querelles de famille, personne ne peut se targuer d’être tout blanc. De même, aucun des protagonistes ne saurait endosser tous les torts. Ainsi, si la politique discriminatoire menée par Paris l’encontre des Roms est honteuse et que le populisme de Nicolas Sarkozy doit être  montré du doigt, les propos de la commissaire européenne à la justice et aux droits fondamentaux des citoyens, Viviane Reding le sont également. Rapprocher les méthodes du gouvernement français de celles pratiquées lors de la seconde guerre mondiale est d’une part une véritable insulte jetée à la face des français dans leur ensemble et d’autre part un manque de respect envers la mémoire de toutes les victimes du nazisme. Viviane Reding marque là un splendide point Godwin.

Alors qu’il aurait été de bon aloi de calmer le jeu, Nicolas Sarkozy, toujours aussi impétueux, n’a rien fait en ce sens. Bien au contraire. Tout d’abord, en estimant « que si les Luxembourgeois voulaient les prendre [les Roms], il n’y avait aucun problème« . Le lait est ensuite encore monté avec la violente passe d’arme entre Nicolas Sarkozy et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors du déjeuner du sommet européen d’hier. Comme si cela ne devait pas suffire, il est aujourd’hui en délicatesse avec la chancelière allemande. Il avait assuré que l’Allemagne envisageait de procéder à « des évacuations de camps » de Roms. Pourtant, cette question n’a été évoquée « ni lors du Conseil européen ni lors d’entretiens en marge », selon un porte-parole d’Angela Merkel.

Les dirigeants européens devraient se focaliser sur la crise économique et ses lourdes conséquences pour leurs pays respectifs mais le vieux continent préfère se déchirer un peu plus sous les yeux effarés de citoyens qui pour certains, achèvent de basculer dans le camp des opposants à l’Europe. Et comment leur en vouloir ? Leurs dirigeants ne cessant de vanter les bienfaits de cet espace unifié, sensé apporter son lot de bienfaits, passent pour des tartufes.

Si je suis un fervent défenseur d’une Europe unifiée, ce n’est certainement pas de cette Europe-ci. Cette nouvelle querelle va donc creuser encore un peu plus le fossé déjà bien profond entre le peuple français et les institutions européennes.

Honte


« Affligeant« …. Benoît Hamon, porte-parole du PS a ainsi qualifié la circulaire de Beauvau, ce document émanant du ministère de l’Intérieur et demandant aux préfets de cibler spécifiquement la population Rom dans le cadre des quotas fixés par Nicolas Sarkozy : 300 campements ou implantations illicites évacués d’ici trois mois. Non monsieur Hamon ! Affligeant n’est pas le terme le plus adapté. Sa saveur est encore trop édulcorée. Car si un qualificatif doit ici être employé, c’est celui de la honte. Qu’est-ce exactement que la honte ? Pour Wikipedia, « la honte est une émotion mixte, c’est-à-dire un mélange d’émotions simples (peur, colère, tristesse) et de sentiments (impuissance, rage retenue, désespoir triste, vide…)« . Dans cette chasse aux Roms, c’est bien de tout cela dont il s’agit.

La peur de voir un gouvernement qui, pour des raisons purement électorales, souffle sur les braises du racisme, jetant à la face de l’opinion publique des idées reçues et des statistiques travesties pour rendre plus indolore la pilule à introduire dans le rectum d’un peuple (parait-il) souverain. La colère de voir une frange non négligeable souscrire à cette politique de fuite en avant, applaudissant des deux mains aux reconduites sans distinction à la frontière. La tristesse de voir la France, berceau des droits de l’Homme et phare du siècle des Lumières, montrée du doigt par une large partie de la communauté internationale, rappelée à l’ordre par le parlement européen, notamment sur le principe de non-discrimination. L’impuissance de ne pouvoir rien faire contre cette réalité, si ce n’est écrire mon indignation sur un blog sans prétention, noyé parmi tant d’autres. La rage enfin, envers ces communes qui, bien que ne respectant pas la loi Besson, ne se privent pas de rendre impossible la vie des gens du voyage.

Oui, tous ces sentiments s’agrègent en un triste désespoir et la honte est en effet le meilleur mot pour désigner la politique sécuritaire actuelle d’un gouvernement qui traine dans la boue les idéaux historiques de la Nation.

Affaire Bettencourt : La contre-offensive ratée du gouvernement


Rien ne va plus en Sarkoland. Eric Woerth est plongé dans la tourmente et chaque jour qui passe amène son lot de nouvelles révélations. A dire vrai, je dois avouer ne pas participer à la curée générale. Si la tentation du « Tous pourris » est forte, cette affaire est trop compliquée pour pouvoir se contenter d’un avis aussi lapidaire. Laissons la justice faire son travail.

Cependant, sans tomber dans le procès d’intention facile, certains faits méritent tout de même d’être soulignés pour mieux les dénoncer.

Ainsi est-ce le cas de l’attitude de quelques membres du gouvernement qui, sous prétexte de défendre le ministre du Travail, se permettent des propos inadmissibles. Une nouvelle fois, par le truchement du site Mediapart, Internet se retrouve sur le banc des accusés. Pour mémoire, cet excellent média web a rendu public le témoignage dans leurs colonnes de l’ancienne comptable des Bettencourt. Certes, aucune preuve n’est avancée mais cela n’enlève rien à l’intérêt de ces confessions. Mediapart a effectué son boulot et, puisqu’il semble utile de le dire, un beau boulot. Pourtant, Xavier Bertrand s’est permis de qualifier les enquêtes de ce média de «méthodes fascistes». Christian Estrosi a renchéri pour sa part sur France Info en affirmant que « Ce fameux site (lui) rappelle une certaine presse des années 30 », allusion très claire au fascisme de nombreux écrits de l’époque. Ces ténors de la majorité qui aiment tant dénoncer Internet, ont, avec ces propos, endossé leurs plus beaux habits de troll pour gagner chacun un point Godwin. Le paradoxe est amusant. La défense peut passer par l’attaque mais encore faut-il qu’elle soit portée avec intelligence. Ici, ce n’est clairement pas le cas. Il est d’ailleurs à noter, comme un pied-de-nez du destin, que cette publicité inespérée a permis à Mediapart d’enregistrer 1000 abonnements supplémentaires en une seule journée.

Il convient également de s’indigner du manque de clairvoyance d’Eric Woerth qui a laissé sa femme être gestionnaire de patrimoine au sein de Clymène, la structure qui gère le patrimoine personnel de Liliane Bettencourt. Au mieux, il aurait dû lui demander de renoncer à ce poste et au pire, démissionner de ses propres fonctions. Que celui-ci n’est fait ni l’un ni l’autre vient renforcer ses détracteurs. Dans l’hypothèse plus qu’invraisemblable où il n’aurait pas songé aux conflits d’intérêts engendrés par cette situation, il mérite tout simplement un bon coup de pied aux fesses.

Enfin, comment ne pas s’insurger de l’apparent mépris dans lequel le Président de la République semble tenir l’opinion publique. Alors que les français souffrent d’une des crises les plus graves depuis l’après-guerre, qu’une politique d’austérité refusant de dire son nom se met en place, il n’a pour le moment pas daigné s’expliquer. Certains argueront qu’il attend son allocution traditionnelle du 14 juillet pour le faire. Que ne le fait-il avant ? En se taisant de la sorte, il envoie le pire des messages : donner à penser au pays que les sphères du pouvoir continuent leurs petits arrangements entre eux tandis que la majorité souffre en silence en se serrant la ceinture.

Si l’amour est aveugle, la bêtise également


Je le confesse. Il m’arrive parfois de regarder certaines émissions de télé-réalité, non pas en aficionado de ces divertissements mais simplement pour me faire une idée par moi-même, au-delà du qu’en-dira-t-on. La seule émission où je prends un plaisir pleinement assumé est Koh-Lanta, diffusée le vendredi soir sur l’ORTF sarkozienne, TF1. Bien entendu, elle fait appel au voyeurisme mais celui-ci n’est pas dévoyé. Des valeurs nobles sont mises en avant et il est toujours intéressant d’observer les jeux d’alliances et les stratégies se mettre en place et se défaire. Vendredi dernier, j’ai donc regardé Koh-Lanta. A l’issue de l’émission, une autre télé-réalité : « L’amour est aveugle ». Sans doute déjà trop avachi dans mon canapé, j’ai eu la faiblesse de ne pas zapper et donc de découvrir ce nouveau programme de haute volée concocté par le premier producteur de bouses audiovisuel pour le PAF français qu’est Endemol.

Le principe, comme toujours racoleur, est simple. Six célibataires composés respectivement de trois filles et trois garçons, évoluent pendant 4 jours dans l’obscurité. Pour que le téléspectateur puisse néanmoins assouvir son voyeurisme, le tout est filmé via  des caméras infrarouges. Les filles et les garçons se retrouvent dans une pièce afin de pouvoir faire plus ample connaissance.  A l’issue de cette période de 4 jours en autarcie, les couples éventuellement formés peuvent finalement apercevoir l’aspect physique de l’autre et décider de la suite à donner à leur relation. Le casting est tout sauf neutre. Ainsi, pour les filles, toutes avaient un physique plutôt agréable (même si des goûts et des couleurs…) sauf une, au visage charmant mais au corps obèse et manquant d’assurance en elle. Du côté des garçons, une photocopie conforme. Des hommes bien faits, beaux parleurs et séducteurs… sauf un. Julien, 24 ans, ingénieur en informatique et au physique très banal. Les deux vilains petits canards devaient assurer l’audience. Dans l’arène du show télévisé, le spectateur allait pouvoir baver tout son content d’humiliations et de moqueries. Comme de bien entendu, les éliminés furent ces deux éléments discordants.

Or, depuis son passage dans l’émission, Julien fait le buzz sur internet, et pas à son avantage. Il est vrai que celui-ci s’est illustré d’une bien étrange façon. Passionné d’informatique, de psychologie et de philosophie, il détonnait des autres candidats par ses remarques maladroites. Quelques-unes de ses répliques sont déjà cultes.
S’adressant à une candidate, il lui demande « T’es serveuse ? Mais, c’est un accident ? » ou bien quand il affirme que « de toutes façons, si (il) essaie de le faire sans sentiment, y a popol qui se lève pas, donc c’est pas la peine ». Il s’emportera également vivement contre un de ses camarades de jeu suite à une remarque de ce dernier qui n’est pas de son goût. Quand il quittera l’émission, il déclarera « J’pense que j’ai fait honneur aux roux ».

Que ce garçon soit lunatique, qu’il se comporte étrangement, apparaissant comme décalé voir même comme associal, j’en conviens. Cependant, cela saurait-il justifier le déchainement de commentaires moqueurs et acerbes à son encontre ? Encore une fois, on observe le fruit de l’accouplement, d’autant plus malsain que consenti, d’une société de production avec un public demandeur de toujours plus de trash. Les victimes sont parfois consentantes (cf. le pitoyable et risible Mickael Vendetta), d’autres fois totalement dépassées. Julien est de cette seconde catégorie.  Des groupes sont créés sur Facebook dans le seul but de rire à ses dépens et les internautes se lâchent dans les forums. Endemol, toujours prompt à réagir, n’a fait aucun commentaire. Je gage cependant qu’ils doivent se réjouir d’un tel « succès ».

Julien a déclaré dans une interview au quotidien « France Soir » qu’il « commence à regretter, ça devient ingérable. Lorsqu’on (le) traite de psychopathe, ça ne (le) touche pas, car seul un psy est habilité à tenir ces propos. Quant aux insultes et aux moqueries, (il y est) habitué depuis la maternelle. Mais (il a) reçu une menace de mort et (il) ne sais pas quoi faire… ». Que des individus aillent jusqu’à le menacer de mort me laisse pantois. Mais ce dernier fait, doublé du lynchage sur la place publique par une opinion décérébrée est un révélateur bien cruel jeté à la face de notre société. En diffusant sans aucune morale ni retenue ces étrons dans le siphon des gogues audiovisuels, la télé-réalité est bien devenue cette arène dans laquelle le téléspectateur abaisse le pouce pour abattre celui dont il refuse la singularité.

Ribéry et Zahia sont dans un maillot…


Ainsi donc, Ribéry a eu une relation avec une prostituée. Quel scandale ! De plus, celle-ci était mineure ce qui aggrave considérablement le cas de notre footballeur. Prénommée Zahia, elle affirme pourtant dans Paris Match lui avoir caché son jeune âge. Qu’importe. « Le maillot de l’équipe nationale est sacré » affirme sans sourciller Rama Yade, un avis excessif partagé par sa collègue Roselyne Bachelot. Loin d’être un « footeux », je me laisse même souvent aller à critiquer ce monde et les supporters gravitant autour du ballon rond. Je me dois pourtant d’être objectif en admettant que cette histoire aux faux airs de scandale est d’un ridicule achevé.

Avec tout le respect que je dois aux professionnels de ce sport, on ne leur demande pas de se distinguer par la masse de leurs cellules grises ou par une vie privée irréprochable. Ils sont payés des ponts d’or pour jouer et (idéalement…) gagner, pas pour mener une vie d’ascète. En la matière, et malgré mon regard de néophyte, Franck Ribéry semble ne pas trop mal honorer ce contrat. Qu’il aime aller aux putes ne regarde personne d’autre que lui et son entourage familial. Que le lecteur me pardonne. Je viens d’écrire deux grossières erreurs. Tout d’abord, il ne va pas aux putes ; ce sont elles qui viennent à lui. Ensuite, le terme de « pute » est inconvenant. Zahia l’a précisé elle-même, toujours dans Paris-Match. Elle n’est pas une « prostituée » mais une « escort girl ». Il faudra m’expliquer la différence. Elle a d’ailleurs affirmé que « nous avons eu une relation sexuelle et il m’a payée (…) Je suis un joli cadeau non ? ». Comment donc expliquer à ce « joli cadeau » que vendre les charmes de son corps, que cela soit sur un trottoir auprès d’anonyme ou dans un hôtel de luxe avec des stars n’entraine aucune distinction ? En ouvrant un dictionnaire, sans doute pourrait-elle mesurer son erreur. Il est vrai que cela ne rapporte pas autant que d’ouvrir ses jambes…

Bref, vu de l’extérieur, tout ce bruit est fort amusant. Que des politiques viennent donner leurs avis me laisse pantois. Cependant, cette affaire aura au moins permis un miracle : que je sois en accord avec Eric Besson au moins une fois lorsqu’il parle de la présomption d’innocence qui doit exister pour Ribéry comme pour tout autre (dans le nouvelobs.com).

Sarkozy à Tremblay : remix d’un discours sécuritaire


« La République ne reculera pas d’un millimètre ». Ainsi parlait Nicolas Sarkozy lors de sa visite surprise à Tremblay, en Seine-Saint-Denis le 20 avril. Une nouvelle fois donc, le chef de l’Etat nous ressert le plat sécuritaire, plat qu’il aime à proposer dans son menu politique depuis l’époque où il fut ministre de l’Intérieur. Mais les français qui dégustent le repas du chef depuis quelque temps déjà finissent par trouver celui-ci bien tiède et sans saveur. Souvenez-vous. Nous étions en octobre 2005. En déplacement officiel à Argenteuil en tant que Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy est vivement interpellé par une habitante d’une tour HLM qui lui demande: « Quand nous débarrasserez-vous de cette racaille ? ». Et lui de répondre : « Vous en avez assez de cette bande de racailles ? Eh bien on va vous en débarrasser. » Malgré la vague polémique (et à dire vrai exagérée) que ces propos déclenchèrent, rien n’a changé depuis.

Mardi dernier, il nous a donc joué la même partition, à peine remixée. Il a promis à nouveau une « fermeté absolue » contre les trafics et l’insécurité. « Les violences dans les transports et les établissements scolaires en Seine-Saint-Denis, ça doit cesser ». Fort bien. Mais quelles solutions entend-il apporter ? La suite de sa déclaration apporte quelques éléments de réponse. S’adressant aux chauffeurs de bus attaqués : « Tous les jours, il y aura des actions de police contre les trafiquants. Vos lignes seront sécurisées ». Le ton est martial et la fermeté prévaudra. Quid de la prévention ? Toute politique se basant uniquement sur la répression est vouée à l’échec. Aucune solution pérenne ne peut se dégager dans une logique de confrontation. Continuant sur sa lancée, le chef de l’Etat dira qu’il tient « à ce que les forces de police interviennent sans restriction, aussi souvent que nécessaire et marquent leur autorité dans les halls d’immeuble des cités touchées par la délinquance ». Qu’on me comprenne bien. Je ne refuse pas le principe de l’intervention et de la sanction. Il ne faut avoir aucun atermoiements sur ces dealers qui empoisonnent le quotidien des habitants, font de leurs entrées d’immeubles des supermarchés de la drogue et imposent leurs règles par les pressions et la peur. De même pour les délinquants qui font brûler des bus au risque de drames humains. Aucune excuse ne saurait les exempter de la gravité de leurs actes.

Cependant, qu’est-il proposé aux habitants de ces quartiers à l’abandon ? Où sont les politiques de dialogue et de prévention ? Il est bien beau de vouloir lutter contre les voyous d’aujourd’hui mais si aucune action d’ouverture sur le long terme n’est engagée par l’Etat, le cercle infernal continuera de tourner à plein régime. Enclavées entre des barres bétonnées, les jeunes générations se perdront dans les mêmes travers que leurs ainés. Mais pour eux, la seule réponse de Sarkozy sera sur le front de l’absentéisme scolaire. Il a annoncé le dépôt d’une proposition de loi pour donner un « caractère systématique à la suspension des allocations familiales ». En outre, dès la prochaine rentrée, des établissements spécialisés verront le jour pour accueillir les élèves de moins de 16 ans « qui rendent la vie impossible » au sein de leur établissement. Cerise de taille sur ce gâteau amer : si les parents refusent de scolariser leurs enfants, la justice pourrait avoir son mot à dire. Comme politique de la main tendue, on a vu mieux. J’aimerai que le chef de l’Etat m’explique comment la justice décidera que des parents refusent de scolariser un enfant. Sur quels critères objectifs cette décision sera-t-elle fondée ? Il est rare qu’un enfant qui fasse l’école buissonnière en avertisse ses parents au préalable et il est tout aussi rare que des parents laissent faire avec leur bénédiction. Non. Dans ces quartiers mal-aimés de la République, où le taux de chômage transperce la moyenne nationale, ces parents sont eux-mêmes dépassés. Ils tentent de (sur)vivre avec le peu de moyens dont ils disposent. Outre le fait de se voir stigmatiser un peu plus, vouloir les sanctionner en supprimant les allocations familiales ne fera qu’ajouter de la misère à la misère, aggravant les problèmes que cette « solution » prétendait régler.

Monsieur Sarkozy, prenons rendez-vous dans deux ans à Tremblay, la Courneuve 4000 ou tout autre quartier déshérité de la République. Si d’ici là, la seule politique appliquée aura été celle du bâton, vos belles intentions sécuritaires n’auront engendré que ressentiment, misère et rébellion contre un Etat autiste qui ne sait entendre que ce qui arrange son électorat.

Vendetta sur la médiocratie


Depuis ses origines, Internet est un bouillon de culture dont peut émerger le meilleur comme le pire.  Pour ce qui relève de la seconde catégorie, les exemples ne sauraient manquer. L’un des plus fameux se nomme Mickael Vendetta. Inconnu du grand public, il est parvenu à imposer son nom et sa présence dans les médias par le truchement d’un blog dans lequel il présentait un concept en carton-pâte : la bogossitude. Ajoutons à cela une attitude outrancière, jouant à l’excès sur la mégalomanie, la vantardise et le mépris d’autrui. Tous les ingrédients étaient réunis pour que ce digne ambassadeur de la culture du Rien fasse un buzz. Et pour un représentant de cette espèce,  quelle suite pouvait être plus logique que d’échouer dans l’une de ces ambassades du néant intellectuel ? Endemol, producteur de « La Ferme des célébrités », ne pouvait laisser passer l’occasion de l’enfermer dans son cirque en compagnie de peoples au statut périmé. A l’issue de plusieurs semaines de diffusion ad-nauseam de cette émission,  Mickael Vendetta fut le gagnant avec 51 % des votes du public. A l’issue de cette victoire, il a déclaré à France-Soir : « Je veux envahir la société, que ma tronche soit partout« . Au moins sommes-nous avertis. Mais la société n’a jamais au final que ce qu’elle mérite. En portant au pinacle le roi autoproclamé de la « bogossitude », elle ne fait qu’entériner l’abrutissement de notre sens de la réflexion, la mise sous scellée de notre capacité à nous enrichir l’esprit.  Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1 affirmait vendre  » du temps de cerveau humain disponible« . Il avait eu la maladresse de dire franchement ce qui est une réalité  chaque jour plus vraie.

Car du temps de cerveau, il y en a des wagons complets. Le web est un espace où résident de nombreuses gares de l’inutile et de l’éphémère pour accueillir ces wagons. Ces arrêts sont souvent des Skyblog. Le réseau Skyrock (dont font partie ces Skyblog) est l’un des plus fréquentés par les internautes français. Pour cause. Sur cette plate-forme, il est possible de créer son blog. Or, force est de constater que ceux-ci atteignent des sommets dans la vacuité et la bêtise. Pour l’essentiel, ils sont un hymne au vide et à l’absence de toute construction intellectuelle. La fréquentation de ces espaces est d’ailleurs à déconseiller fortement aux cardiaques amoureux de la langue de Molière. Les déclarations enflammées (ou non) s’y font sous le règne du langage SMS. Comment ne pas s’émouvoir sur des superbes « ke j tm bb », Kr0 4 ever » et autres joyeusetés ? Rien d’étonnant à ce que le terreau de naissance de Mickael Vendetta se trouve dans ce haut lieu de pollution du net.

Un autre arrêt fréquent de ces tristes convois sont les réseaux sociaux avec l’inévitable Facebook en tête. Chacun en fait l’usage qu’il souhaite et il est vrai que le site se révèle fort utile : partager des informations, retrouver des anciens collègues ou camarades, se tenir informé du parcours de tel ou tel, … La liste est longue. Cependant, la vocation première de Facebook, à savoir interconnecter entre eux autant de monde que possible, est également son cheval de Troie par lequel la médiocrité arrive. Plus un site devient populaire et ouvert, plus il perd en qualité. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un oeil sur les groupes créés par les membres. La majorité font abstraction de l’orthographe la plus élémentaire et les commentaires déposés ne revêt pas la moindre once de réflexion. Toujours sur Facebook, certains profils paraissent des ovnis venus d’un ailleurs improbable. La consultation d’un site comme Faceploucs (une véritable mine d’or) devrait convaincre les plus sceptiques sur ce point.

La liste des arrêts du train de l’inculture pourrait être longue mais je me bornerai ici à n’évoquer que les cas susnommés. Ils se suffisent pour pointer du doigt la médiocratie engendrée via le tuyau internet et une certaine télé poubelle. Celle-ci est regrettable mais néanmoins inévitable. A partir du moment où un outil se voit approprié par la masse, il tombe dans cette médiocratie.

Que mes détracteurs soient rassurés, je ne prétends pas m’en exclure.
Je ne suis, comme eux, qu’un vulgum pecus.

« Les infiltrés », journalisme ou enquête policiaire ?


Devant le buzz généré par le dernier numéro de l’émission « Les infiltrés » sur France 2, j’ai pris le temps de le visionner hier soir sur internet. Consacré à la pédophilie sur internet, ce reportage choc nous immerge au cœur de ce monde glauque et, disons-le franchement, à vomir. Pour ma part, je n’ai pas appris grand chose. Depuis que l’internet a étendu ses tentacules jusque dans les foyers de monsieur et madame tout le monde, cet espace est le terrain de jeu des prédateurs de tous poils. Longtemps d’ailleurs, les médias ont semblé ignorer ce qui pouvait s’y dérouler pourtant au vu et au su de tous. Ainsi, au début des années 2000, Caramail, à présent défunt, était une des communautés d’utilisateurs francophones les plus importantes avec un tchat regroupant plusieurs dizaines de milliers de connections simultanées. Chaque internaute pouvait créer son propre salon de discussion, lequel apparaissait dans une liste globale reprenant l’ensemble de ces salons. Au milieu de ceux consacrés à un genre musical, à une personnalité, à la politique et à tant d’autres thèmes, certains affichaient clairement la couleur avec des intitulés aussi directs et infects que « Je bande pour ma petite sœur ». Bien entendu, la modération finissait par supprimer ces salons mais ils pouvaient rester ouverts quelques heures avant d’être inquiétés. Je ne me souviens pas, à l’époque, avoir lu ou entendu des médias se faire l’écho de ce problème.

Ce numéro des infiltrés aura donc permis de mettre l’accent sur une réalité trop longtemps occultée. Par-delà le côté voyeuriste du sujet, sa diffusion sur une des principales chaînes du réseau hertzien offre l’occasion de toucher un maximum de personnes, souvent totalement naïves et ignorantes du sujet. Si cela permet à des parents de prendre conscience du danger à laisser leurs jeunes enfants se rendre seuls sur la toile, tant mieux. Il est assez ahurissant de constater que seuls 10% des ordinateurs familiaux sont équipés d’un logiciel de contrôle parental. L’émission permet également de mettre le doigt sur un autre point sensible : la modération. Comment exiger des personnes en charge de veiller à la bienséance et à la bonne tenue des tchatteurs d’être efficaces et aussi irréprochables que possible quand ces derniers sont, pour l’essentiel, des bénévoles ? Pour avoir été moi-même environ un an un de ces modérateurs bénévoles  sur un salon francophone, je sais combien le sujet est problématique. On se connecte quand cela nous est possible. La nuit, il arrive souvent que les salons se retrouvent sans aucun modérateur. Il faut bien dormir. Le jour, la plupart travaillent. Cette façon de « recruter » permet aux sites en question d’économiser des salaires, au détriment de la sécurité des plus jeunes. Certains commencent à intégrer l’idée de faire appel à des professionnels pour gérer leurs espaces. Malheureusement, c’est encore une minorité. D’autres optent pour la mise en place de robots. Or, jamais des robots ne remplaceront le jugement d’un être humain. Ils peuvent de plus être facilement contournés. Une véritable réflexion devrait s’engager sur le sujet avec l’ensemble des acteurs concernés.

Je ne peux terminer cette chronique sans évoquer la cause de tout le buzz engendré par cette émission. Le journaliste s’est fait passer pour une jeune fille de douze ans pour piéger des pédophiles et parvenir à les rencontrer, allant à l’encontre de deux devoirs essentiels de la profession :

  • Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public à de connaître
  • Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents.

Il n’est donc pas illégitime de s’interroger sur les méthodes d’investigations employées.

Suite à l’enquête, furent dénoncés aux forces de l’ordre certaines des personnes rencontrées. David Pujadas, présentateur de l’émission affirme : « On ne va pas s’empêcher de dénoncer un violeur de mineurs parce qu’on a notre carte de presse !« . Hervé Chabalier, président de Capa (producteur de l’émission) n’est pas en reste et va dans le même sens : « On ne dénonce pas, on signale« . Enfin, Me William Bourdon, avocat de Capa, se réfère à l’article 434-1 du code pénal qui fait obligation à quiconque, dans certains cas criminels, d’informer les autorités judiciaires ou administratives.  Même si le propos d’Hervé Chabalier peut prêter à sourire (car si monsieur, ne jouons pas avec les mots, il s’agit bien d’une dénonciation. Pourquoi ne pas l’assumer pleinement ?), ils ont chacun raison. Il est évident que tout journaliste sain d’esprit dénoncera des pédophiles qui s’apprêtent à commettre l’irréparable. Le contraire serait proprement scandaleux. Cependant, là où le bât blesse, c’est sur les méthodes employées pour cette enquête. Où s’arrête le journalisme et où commence le travail de la police ? Où se situe la ligne jaune qui transforme le journaliste en auxiliaire de la police ? Lors de son investigation, le journaliste avançait masqué, sans faire état de sa profession.  Dès lors, la donne est faussée. Par ailleurs, si nous considérons comme acceptable qu’un journaliste collabore avec les autorités pour un pédophile, où doit se situer le curseur ? Un criminel de guerre, responsable de la mort de milliers de personnes, est-il moins condamnable, plus digne d’être protégé dans son anonymat qu’un pédophile ? C’est une vraie question à laquelle je ne prétends nullement apporter une réponse définitive. Cependant, il me semble que ce noble métier qu’est le journalisme devrait veiller à ne pas se retrouver trop souvent sur des terrains brumeux dans lesquels son devoir de réserve sur ses sources est amené à voler en éclat. C’est là toute la crédibilité d’une profession qui est engagée.