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Corps célestes mis à nus


Les nuages laissent choir des filaments
Un doigt effleure une larme saline perdue
Une langue caresse le corps d’un amant
Une étoile brille dans un ciel mis à nu

Une bouche murmure au creux de l’univers
Un regard s’effiloche sur une météorite
Des cheveux s’étalent sur un souvenir d’hier
Un ciel pudique recouvre cet ultime rite

Sur des cœurs éviscérés
nous trébucherons
Sur une idylle trépassée
nous pleurerons

Ainsi nous dirons-nous adieu mon aimée

Au nom de l’Amour


Au nom de l’amour, faire son chemin de croix,
Embrasser sa propre rédemption une nouvelle fois,
Tailler ses rêves pour s’en draper comme habit.
Graver dans le roc des jours sa douce égérie.

Se promener sur les bords du fleuve Espérance,
Suivre son cours et enfin se sentir en partance,
Y plonger sa bouche assoiffée et boire ce nectar.
Sentir l’orgasme des muses, confondues dans l’Art.

Au nom de l’amour, j’ai fait mon chemin de croix.
J’ai apposé mes lèvres sur une rédemption sans foi.
Croyant tailler mes rêves, j’ai sculpté mes cauchemars.
Pensant graver mes jours, j’ai élimé la nuit très tard.

Me promenant sur les bords du fleuve Espérance,
J’ai suivi son cours mais il coulait à contresens.
Y plongeant ma bouche, je me suis inoculé le poison.
Le cri d’agonie de mes muses est venu violer ma raison.

Le viol de Cupidon


La musique me fracasse la tête.
Le rythme électronique binaire et froid
des nappes de sons vides me fouette.
Le glas sinistre des basses résonne en moi.

Par terre, le cendrier agonise de mégots.
Une odeur nauséabonde émane de celui-ci.
J’écrase une nouvelle cigarette sans un mot.
Envie de me brûler la peau sans répit.

Par la lucarne, je vomis ma souffrance.
Les souvenirs me lacèrent le cerveau.
Les larmes me noient dans la démence.
Me jeter dans le vide, dans le caveau.

Ô Dieu ! Ce cœur qui explose en lambeau !
Ces yeux aveugles qui, lentement, crèvent !
Sentir en moi l’acier tranchant du couteau,
Idées de m’ouvrir les veines, d’achever mon rêve.

Tourbillons enivrants de pulsions morbides.
Aller embrasser la vieille Faucheuse ridée,
M’envoler pour mieux flirter avec le vide,
Pleurer du sang et communier avec mon passé.

Ô Amour ! Voleur des cœurs chagrinés !
Ô Amour ! Pourquoi à nouveau t’envoler ?
Ô Amour ! Pourquoi sans cesse m’abuser ?

Cette nuit, dans le cosmos de mes obsessions,
Je viendrai t’humilier et te torturer.
Cette nuit, dans les pleurs de ma déraison,
Je viendrai te violer à en crever !

Amour volatile


Des chardons poussent sur la colline ce soir. Ils enserrent les roses, étirant leur traîtres racines dans ce parterre jadis si charmant. Les pétales se flétrissent et tombant, viennent s’empaler sur les grises épines charbonneuses. Au milieu de ce jardin à l’agonie serpente un tortueux chemin jonché de rocailles et parsemés d’ornières cachées sous un voile de poussière ocre. Rien ne semble venir troubler cette peinture morte dessinée par quelques sombres rêves d’une âme éventrée.

Pourtant, des pas traînants froissent ce serpent terreux. Ils avancent péniblement, courbés sous le poids d’une douleur qui n’ose dire son nom. Ils s’accrochent aux pans d’une réalité lézardée et branlante. Chaque avancée sur la sente du jardin est ponctuée par un glas pesant dans cette atmosphère vibrante de silence. Les chardons en bordure du chemin se resserrent imperceptiblement, broyant et dévorant le peu d’espace vierge encore visible.

Pourtant, les pas continuent de se traîner sur un sol devenu fange. Ils lèchent le sol, comme des limaces le feraient. Dans le ciel, des tristes volatiles apparaissent, leurs croassements en résonance avec le son des cloches funèbres. Les pas s’arrêtent soudainement.

Je lève la tête. Les oiseaux de proie me survolant sont terriblement beaux. La volée de Confiance s’abat sur moi sans prévenir. Je sens le souffle de l’air provoqués par le battement des ailes. Des plumes me giflent au visage. Des serres agrippent ma chevelure. Des coups de becs rageurs s’en prennent à mes yeux. Je pleure mais les volatiles n’en ont cure. Leurs pépiements me crucifient les tympans. Je fixe le globe oculaire si noir de la Confiance. A travers lui, je distingue l’oubli et le froid glacé. Le temps qu’un fragment d’éternité se disloque dans le sablier universel, tout s’arrête.


… … La pointe d’un bec me transperce les yeux
… … …
… … … … … … Je tombe au milieu des chardons, agitant des bras aveugles.
… … … … … … … … …

Le corps sans vie d’un homme repose sur son lit mortuaire. Dans un ciel vomissant un blanc laiteux, une immense ombre se profile. Elle fond sur ce cadavre anonyme. Immense oiseau déplumé et obèse, sa chair flasque retombent en hideux bourrelets. Les veines se dessinent sous sa peau translucide. Elles charrient un sang immonde et délétère sans cesse renouvelé dans les espoirs avortés d’un soir. Le vampire des vies nommé Amour plante ses serres acérées dans la poitrine de l’homme. Il le fixe d’un œil éteint.


… … La pointe d’un bec me transperce le coeur
… … …
… … … … … … L’Amour repart à tire d’aile après m’avoir déchiqueté.

Fils du Rêve


Penses-tu que je ne ressente point ta douleur ? Imagines-tu le soir que mes pensées ne s’attardent pas sur ton gouffre ? Je connais ton mal et ta plaie béante. Je pourrais y plonger les doigts et goûter le sang qui s’en écoule. Je le porterais à mes lèvres que j’en connaîtrais le goût amer et corrosif.

Souvent, je ferme les yeux et je te vois te débattant, enchaîné au mur de tes lamentations. Si tu savais… Je désire tant pouvoir venir te libérer, t’affranchir de tes illusions perdues. L’amitié peut beaucoup mais que puis-je faire pour te montrer la voie de la Vérité ? Il n’appartient qu’à toi de la trouver. Tu n’es esclave que de toi-même. Ces fers contre lesquels tu te débats jusqu’à t’en entailler les veines, je ne puis te les ôter. Tout ce sang qui s’écoule de tes blessures n’est qu’une liturgie sans avenir.

Elle était tout pour toi. Ton cœur, sans hésiter, tu l’avais lié au sien par des fils invisibles des yeux mais plus résistants que tout un empire. De tes rêves, tu avais tracé les frontières de ce qui n’aurait jamais du s’effondrer. Tu étais seul monarque auto proclamé d’un royaume que nul ne pouvait percevoir. Le trône à tes côtés, tu l’avais patiemment construit, allant chercher par delà les plus vastes contrées des bois d’une rareté et d’une valeur sans pareille. Jour après jour, tu avais travaillé cette noble matière. Quand la nuit succédait à la clarté diurne, tu continuais patiemment à confectionner ce trône, l’incrustant de pierres précieuses qui ne se trouvent que dans les songes des âmes les plus nobles. Une fois achevé ton travail de rêveur, tu avais attendu, projetant des désirs, les transcendant jusqu’à en faire cette reine tant désirée.

Tu n’avais pas vu que ce n’était qu’un mirage. Le jour ou ton bras traversa son image pour n’embrasser que le vide, tout s’effondra.

A présent, ton royaume s’enfonce dans les ténèbres. A la place de ta reine, il ne reste plus que de la poussière que viennent mouiller tes larmes. Continue à pleurer mon ami ; laisse ces larmes purificatrices nettoyer ce trône bâti avec tant d’amour. Ne les vois-tu pas le faire reluire ?

Une princesse est en marche vers toi. Les cieux me l’ont murmuré. Sa robe n’est plus que haillons et dans sa chevelure lunaire s’accrochent des filaments de désespoir. Pour elle, garde ton trône vide. Ne le pollue pas d’inutiles rapines sentimentales. Tu vaux tellement plus. Préserve ton royaume fin prêt pour le Jour et dresse lors de sa venue une table comme nulle princesse jamais n’en aura connu.

En attendant, garde ton cœur meurtri de la cécité et toise de haut le monde qui t’entoure car tu n’es pas de ce monde. Tu es un des fils du Rêve destiné à donner naissance à un Bonheur réservé à de rares initiés.

Au coeur d’une perle


Seul dans la lande, je marche. Le vent hulule et me fouette le visage. Le ciel uniformément gris semble venir s’abattre sur le sol. Ici et là, des herbes revêches s’agitent. Des tourbillons de terre s’élèvent parfois avant de retomber aussi vite qu’ils sont nés. Dans le lointain, je distingue une forme sombre et indéfinie. Je décide de m’en approcher. Le hurlement d’Eole gagne en intensité. Les nuages se déchirent et la pluie vient me tremper jusqu’aux os. Perdu dans mes pensées, je ne sens même pas mes vêtements s’alourdir et me coller à la peau.

Je pense à toi mon âme, que j’ai laissé seule au loin. J’entends tes pensées hurler en moi et me déchirer le cœur. Je sens ta douleur te creuser le corps sans un seul instant de répit. Par delà les distances, ton image crucifie mon cerveau. Tu es le prisme à travers lequel je vois la réalité. Chacune de tes larmes déteint sur mon cœur. Chacune de tes angoisses ébranle le peu de foi qu’il me reste. Je sens mon genou plier à terre. Envie de vomir cette folie existentielle, de regarder droit dans les yeux cette utopie nommée Bonheur et, dans un dernier affront, lui cracher ma haine à son visage trop parfait et trop pur pour être réel. Ce serait tellement facile, trop facile. Je ne suis pas de cette race. Dans l’arène, je triompherai. Fureur et rage sont mon armure. La rancœur me revêt des plus nobles atours du guerrier et dans la fierté, j’ai forgé mon glaive.

La forme vague est devenue une petite maisonnette à l’abandon, toute faite en pierre de taille. Je pénètre à l’intérieur. Partout, ce n’est que toiles d’araignée. Des étagères en bois, vermoulues et rongées par les vers, paraissent prêtes à s’effondrer. Sur celles-ci, des livres sont empilés. Négligemment, je prends l’un d’entre eux. Des cafards courent sur sa tranche. L’ouvrant, je tente de le feuilleter mais les pages, effritées par le temps, se réduisent en poussière. Puis je distingue au milieu de toute cette pourriture un ouvrage plus récent que les autres, à la couverture ornementée avec grâce et délicatesse. Je m’en saisi et le feuillette. A mon grand étonnement, les pages sont vierges de toute ligne. Le remettant en place, je remarque alors un titre, inscrit en filigrane sur la première page. Ne voulant le croire, je regarde à nouveau. Aucun doute possible. Ton prénom s’étale devant mes yeux.

Soudainement, j’ai réalisé que je me trouvais à l’intérieur même de mon propre cœur et que je venais de toucher du doigt la seule perle l’animant encore.

Titubant, je suis ressorti sous la pluie et levant la tête, j’ai hurlé vers les cieux de ne pas t’emporter. Juste derrière moi, dans un craquement sourd, une nouvelle lézarde est apparue dans le mur de la maisonnette en ruine

La discothèque de l’amour


Pour toi mon tendre amour, j’ai construit la plus merveilleuse des discothèques.
Des larmes de mes yeux, j’ai confectionné les néons lumineux suspendus au plafond.
De mon regard, j’ai extrait les plus splendides spots pour te nimber de lumières.
Dans mon coeur, j’ai puisé les notes les plus sublimes pour une musique unique.
De ma voix, j’ai fabriqué des haut-parleurs haute fidélité qui te sont dédiés.
De mes mains, j’ai prélevé les caresses les plus douces pour enrober notre nuit.
La discothèque de mon coeur t’ouvre grande ses portes pour le grand mix nocturne.
Mes baisers passionnés t’offrent un accès VIP unique pour une danse qui sera notre.
Mes muses sont aux platines ; laissons-nous guider au rythme de leurs symphonies.
Tes yeux embrassent les miens tandis que mes lèvres regardent les tiennes.
Tes oreilles respirent la mélodie tandis que mes narines écoutent ton parfum.
Et dans la discothèque de l’amour, nous nous aimons à en perdre les sens.

Le vertige du néant


J’aurais sans doute pu décrocher les étoiles pour toi, écrire d’un trait humide les lettres de ton prénom sur la toile de la voie lactée. Si j’en avais éprouvé l’envie, je me serais certainement rendu dans des champs de roses aux senteurs enivrantes pour en décapiter quelques unes à t’offrir. Mon stylo aurait très certainement écrit des vers mielleux, dégoulinants de ces sentiments à acheter en solde sur les rayons des supermarchés de la consommation.

Amours préfabriqués à défoncer sans aucune retenue,
Cœurs factices bradés en série au plus offrant,
Bienvenue dans la vente aux enchères des âmes perdues.

Cours ! Cours et ne retourne pas sur moi ! Tu viens d’entrer dans la matrice des illusions amoureuses. Les mots doux ruissellent sur tes yeux. Tu tentes de les retenir mais ils s’évaporent tandis que tes larmes restent là pour mieux t’ancrer dans le réel. Sous les cieux délavés de ta souffrance, Eros embrasse Cupidon à pleine bouche avant qu’ils n’enfantent un rêve avorté.

Je ne suis que l’illusion de tes fantasmes, engendrée au détour de mes lignes. A trop jouer à l‘équilibriste, tu es tombée, pourfendant ton cœur sur l’arête d’une lettre plus affilée que les autres. Dans le dédale de mes vers, tu t’es perdue et ton fil d’Ariane s’est brisé, élimé par l’usure du temps.

Bienvenue mon amour dans le grand vide de nos existences. Laisse toi enlacer dans mes bras dénués de toute vigueur. Viens goûter mes lèvres asséchées et froides. Mais ne te risque pas à regarder mes yeux. Tu n’y liras jamais que le vertige de mon néant.

Le blues du vieil homme


Il enfile son vieux chapeau de feutre et tire une longue bouffée de sa cigarette. Son regard embrasse les passants qui défilent devant lui. Ils passent, indifférents. A peine est-ce si certains lui font l’aumône d’un vague regard piqué de curiosité. Dans sa barbe de quelques jours, l’homme esquisse un vague sourire. Ces badauds ne le savent pas encore mais d’ici quelques minutes, il sera le seul roi de cette place. Cependant, rien ne le presse. Il laisse le temps filer autour de lui, ce temps insaisissable auquel il refuse de se soumettre. Le soleil décline mais il est encore suffisamment présent pour que les lampadaires restent éteints. Derrière lui, une façade d’église; une de ces nombreuses églises qui parsèment la ville. Des grappes de touristes entrent et sortent de celle-ci. Appareils photos dégainés, flashs qui crépitent pour tenter de fixer un fragment de temps sur la pellicule, un éphémère éclat de vécu qui pourtant finira par s’oxyder dans les mémoires de ces voyageurs en transit dans son monde.

De sa cigarette presque entièrement consumée, il aspire une dernière bouffée. Acteur de sa propre pièce de théâtre, il se prépare à entrer en scène. Les pavés centenaires sont ses planches, la nuit tombante son ouverture de rideau. Il s’assoit sur les premières marches de l’église. Il peut surprendre certaines pensées qui l’imaginent faire la manche et quémander quelques malheureuses piécettes. Derechef, il sourit. Personne n’attend encore après lui. Pourtant, dans peu de temps, son public sera là. Contre toute apparence, il sera celui qui accordera une obole, quelques morceaux de rêve.

Ces doigts se mettent en position. Malgré la corne de ces années passées à forger la musique de ses amours perdus, de ses attentes à jamais suspendues, le contact des cordes le fait à chaque fois frissonner tel un couple de vieux amants qui ne cessent de s’aimer et de vibrer aux accords de l’autre, transcendant le temps qui s’écoule. Les premières notes retentissent dans la chaleur de cette soirée d’été. Le spectacle de la rue s’est mis en pause. La guitare converse avec les gargouilles grisâtres. Les notes s’envolent, cristal sonore se répandant autour de lui. Les yeux mi-clos, il aperçoit un couple faire halte sur un banc à quelques mètres. Ils se tiennent par la main et écoute cette ballade impromptue. De ses cordes vocales ébréchées par les doigts râpeux du whisky, une voix rauque vient enlacer la mélodie de sa guitare. Les accords pleurent, sublimes. Ici-même, il se revoit embrassant pour la première fois cette jeune fille rousse. Sa peau avait un goût de pêche assaisonné aux tâches de rousseur. Ses lèvres charnues sur lesquelles se promenait sa langue étaient un lit de roses fraîches où il venait s’égarer. Oui, c’était ici, un passé révolu qu’il conserve dans l’écrin de ses chansons.

Depuis combien de temps est-il là en train de jouer ? Il n’en a cure. Tandis que le rang des spectateurs ne cesse de grandir, il danse avec le souvenir de cet ange aux cheveux flamboyants, ce joyau de jeunesse incrusté dans son cœur et qui se brisa, transperçant son futur et l’emmenant là où jamais il ne pourra l’atteindre, sur des flots rougeâtres en furie.

Et tandis que par une nuit estivale, sur les marches d’une église, un vieux chanteur de blues fait vibrer sa guitare, lui arrachant des sanglots d’une rare beauté, une grand-mère aux bras piquetés de tâches de rousseur narre son premier amour perdu à sa petite fille rousse.

Une plage comme tant d’autres


L’automne
Une plage comme tant d’autres
Quelques promeneurs du dimanche déambulent
Des traces de pas dans le sable détrempé
Le bruit des vagues plus bas sur le rivage
Les cris aigus des mouettes dans le ciel
Sur la digue des gouttes de pluies s’écrasent
Un chien en vadrouille lève la patte
L’odeur des goémons humides flotte dans le vent
Il balaye les feuilles éparses de la saison morte

Les mains dans les poches, je marche
Le long de cette plage parmi tant d’autres
J’avance vers cette jetée de rochers noirs
Langue râpeuse se jetant dans l’océan
Il y a une décennie je me souviens
Une décennie qui n’est pourtant que hier
Ta silhouette est encore gravée dans le granit
Celui de ces rochers, celui de ma mémoire

Je m’assois en tailleur juste sur le bord
Le ressac de la marée lèche mes jambes
Souvenirs qui défilent sans relâche
Tu sais je n’ai rien oublié
Le sel de ton regard sape mon présent
Mon cœur est rongé de ton absence

La ligne d’horizon tremblote légèrement
Etendre mon bras comme pour la toucher
Ne rencontrer pourtant que le vide
Si le sel de ton regard s’est évaporé
Celui de mes larmes commémore ton nom

Un crabe vert erre entre les algues
Tandis que la nuit commence à tomber
En retrait sur un banc de sable
Un musicien me regarde en souriant
Des vagues accords de cornemuse
Se mirent dans le reflet de l’eau

Il me semble que mon corps a froid
Je me recroqueville
Position fœtale
Mon amour…