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Chatroulette, la vitrine des frustrations


Depuis quelques semaines, un site buzze sur la toile. Tout d’abord relativement confidentiel, la polémique déclenchée par celui-ci a pris une telle ampleur que la sphère politique s’est emparée du sujet pour donner son avis. L’inénarrable Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille, souhaite rien de moins que de mobiliser l’ONU.

Pour celles et ceux ne connaissant pas encore le principe de ce site, il offre la possibilité d’être connecté instantanément et surtout au hasard, avec un ou une inconnu(e) via webcam. Si jamais la tête de votre interlocuteur ne vous revient pas, il suffit alors de cliquer sur « Next ». En peu de temps, on voit ainsi défiler devant ses yeux tout un kaléidoscope de l’Humain, de ses facettes les plus amusantes aux plus glauques. Le voyeurisme en direct, confortablement installé dans son fauteuil. En quelques clics de souris, on passe d’un internaute déguisé à l’exhibition d’un pénis plus ou moins malmené par une main anonyme, dans l’attente désespérée d’un bout de sein. Bien entendu, c’est sur ce dernier aspect que le bât blesse et que la polémique vient se greffer. Elle est compréhensible. Ce site ne demande aucune inscription et aucune vérification sur l’âge n’est donc faite au préalable. Si j’estime son souhait de porter le débat jusqu’à la tribune de l’ONU excessif, Nadine Morano a également lancé un appel auprès des parents pour les inciter à utiliser les possibilités du contrôle parental. En cela, je l’approuve. Mais Chatroullette est l’arbre qui cache la forêt. Nombreux sont les sites de ce genre qui, en toute discrétion, permettent au premier venu de s’exhiber sans pour autant s’assurer de sa légitimité à le faire. Inutile d’en dresser une liste ici. Qu’ils restent dans une relative confidentialité. C’est par contre une raison supplémentaire pour activer le contrôle parental, sachant que celui-ci ne sera jamais la panacée et qu’il ne doit pas servir d’outil sur lequel les parents se dédouaneraient à défaut d’éduquer leurs enfants aux dangers de la toile.

Je reviens sur le cas précis de Chatroulette. Il est intéressant car il démontre combien internet, malgré ses indéniables qualités, peut aussi engendrer la vacuité la plus absolue. Ce site est le fruit de l’accouplement entre concept de la télé réalité poussée à son paroxysme et zapping. Des inconnus acceptent de jouer le jeu du voyeurisme en offrant leur intimité sur la toile à un potentiel de quelques millions d’internautes. Aucune valeur ajoutée ici, simplement le souhait futile de participer à cette grande partouze de moments entrecroisés. Vitrines des états d’âme, des frustrations de nos sociétés contemporaines, on passe puis on zappe, collectionnant des instants éphémères d’autrui.

Faut-il prendre ce site au second si ce n’est au troisième degré ? Certains affirment que oui et se drapent dans des postures outragées dès qu’ils entendent le mot « contrôle ». Me concernant, pour rien au monde je ne laisserai un enfant se connecter sur ce site qui démontre que l’intelligence des masses sera toujours une belle et naïve utopie.

Pour accompagner cet article

Des sélections de screenshots du site

« Confession d’un pédophile, l’impossible filtrage du web »


A l’heure où les politiques occidentales semblent s’orienter vers une surveillance généralisée du web, voir même pour certaines une censure, un ouvrage vient donner un sacré coup de pied dans la fourmilière, mettant à mal l’argument de lutte contre la pédophilie dont usent et abusent les politiques pour mieux distiller au sein d’une population cette acceptation d’un Etat dopé aux hormones chinoises. Si il ne s’agit nullement de nier la gravité de la pédophilie, cet argument est un cache-sexe (sans vouloir pratiquer un jeu de mot hasardeux). Loin d’éradiquer ce fléau, un filtrage aurait pour seul effet de renforcer ces réseaux criminels qui s’enfonceraient un peu plus dans un web crypté, échappant à toute surveillance étatique. En France, ce projet de surveillance et de filtrage répond au doux nom de loi Loppsi 2.

Face aux risques que fait peser ce projet sur l’avenir de l’internet francophone, « Confession d’un pédophile, l’impossible filtrage du web » vient offrir un éclairage nouveau, battant en brèche les idées reçues sur la supposée efficacité d’un filtrage de la pédopornographie, ce thème douloureux permettant ensuite de généraliser progressivement le filtrage sur des sujets moins racoleurs.

L’ouvrage peut être commandé en version papier (8 euros), ou téléchargé et diffusé librement sous licence Creative Commons by-sa (.pdf).

Et il est bien entendu à diffuser au mieux dans son entourage.

La quatrième de couverture :

Le contenu de ce livre est choquant. Il scandalise par le thème qu’il aborde, la pornographie infantile. Il heurte par la froideur et la pertinence de son analyse. Il choque par la conclusion de sa précise démonstration : filtrer Internet des contenus pédopornographiques fera la richesse des pédocriminels et protègera les pédophiles de toute action des forces de l’ordre. En un mot, la loi Loppsi prépare un monde dans lequel aucun parent responsable ne voudrait voir vivre ses enfants.

Préfacé par Robert Ménard, fondateur de Reporter Sans Frontières, rédigé par des professionnels de la lutte contre les pédophiles en ligne, Hervé Recoupe, ancien directeur d’enquête de la gendarmerie ou Tom Morton, expert informatique auprès des tribunaux anglais, cet ouvrage revient sur le business lucratif de la pornographie enfantine, explique clairement le fonctionnement et les techniques sophistiquées d’accès à ces contenus et dissèque les conséquences de toute tentative de filtrage d’Internet.

Basé et étayé sur le témoignage avéré et vérifié d’un pédophile allemand intitulé « An insight into child porn », ce livre est une plongée dans le fonctionnement d’un monde parallèle, caché dans un réseau dans le réseau. Il montre et démontre l’infaisabilité d’un filtrage et les effets désastreux qu’il induirait, mais il propose surtout de véritables pistes de réflexions quant aux solutions réellement efficaces qu’il convient de mettre en œuvre : lutte contre les paradis fiscaux, entraide judiciaire, formation…
« Pornographie pédophile, l’impossible filtrage du web » est un coup de poing. Un choc essentiel qui pose la question de fond : quel Internet voulons-nous pour demain ?

Ont participé à ce livre :

Robert Ménard, fondateur de Reporter sans frontières
Fabrice Epelboin, ReadWriteWeb
Tom Morton, expert auprès des tribunaux anglais
Guillaume Champeau, Numerama
Hervé Recoupe, adjudant enquêteur de la Gendarmerie Nationale
Mathieu Pasquini, InLibroVeritas
Jérémie Zimmermann, La quadrature du net

Les droits d’auteurs de ce livre seront reversés a des associations de lutte contre la pédophilie.