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Cartographie de l’IRL


De la poussière s’accroche aux  neurones péri-oxydées.
Un horizon brumeux s’évapore en pleurs dans le regard.
Dans le miroir déteint, une  vieille carcasse usagée.
Réalité transpirante de deux mondes déjà hagards.

L’impossible transhumance agonise, goût d’inachevé.
Les pieds à jamais figés dans le noir goudron de l’IRL.
S’étirer jusqu’à la dislocation  mais rire à en crever.
Onanisme et frustration enlacés dans le virtuel.

Errance de toute éternité dans des pays déjà oubliés.
Sur la cartographie des déments, la réalité est vierge.
La pointe élimée du crayon ne saurait la déflorer.
Comme toute frontières, un hymen tel une alberge.

Envie de…


Envie de me foutre en l’air, lassé de jouer à « Tout va très bien Madame la marquise», de donner le change en permanence, de jeter mon sourire à la face des gens comme une convenance. Les mots me fuient et les rimes se sont évaporées depuis longtemps dans le cours asséché de ma défunte inspiration.

Tenter de pourfendre cette solitude haïe en se rendant sur les salons de discussion en ligne, constater que l’herbe n’y est pas plus verte. Mes yeux morts regardent les lignes défiler sur l’écran. Des propos ineptes s’enchaînent dans le grand vide intellectuel. D’un clic fatigué de souris sur les pseudos, je visite les profils.

« Slt. Mon prénom est Sand .J’chui une meuf cool. Venez me parler pour en savoir +. »
« Hello. J’mapel Karo. S’y t’ai 1mek cool, j’sui la pr toi. »
« par pitié g 16 an mé je ne sui pa pr autan une gamine attardé ki ne coné rien a la vi et a ce kel comporte!!! » tente d’écrire intelligemment une autre.

Vous savez quoi Sand et Karo ? Allez vous faire foutre. Restez dans votre monde virtuel à vous écouter parler. Projetez vos rêves à la petite semaine sur vos écrans. Vous ne les en fracasserez que mieux ensuite.

Mon vide à moi n’est que trop plein. Quand vous me serrez la main, ne sentez-vous pas que vous ne faites que saluer la solitude ? Ne ressentez-vous pas cette sensation glacée vous prendre les doigts dans un étau, cette caresse accompagnant la venue de la mort ? Où êtes-vous passées mes muses ? Que sont devenues mes passions ? Mon armée de songes est partie pour ne plus revenir. Elle s’est fracassée sur la réalité.

Je suis debout dans le champ de ma désolation. Pendant que le monde se contente de vivre, je tente de survivre. J’erre dans le cimetière de mon enfance. Les tombes sont parfois fendues, parfois fracassées. Ronces et orties rampent parmi les fissures. La nuit, je dors parmi ces vestiges d’une époque révolue.

Envie de me foutre en l’air, dernier pied de nez à cette enfoirée de vie.
Lui faire la nique une ultime fois.
Vous faire tous la nique.

Pourtant, je reste encore debout.

Hors ligne


1.
Statut en ligne

Minuit est passé maintenant depuis longtemps. Je tente de jeter quelques mots sur le papier mais ils sont bien vains. Ma soirée n’a été que vagabondage sur la toile, passant du blog d’une jeune fille anorexique suicidaire à celui d’un couple échangiste étalant ses exploits aux yeux de lecteurs virtuels. Pendant que certains se laissent crever de vivre, d’autres s’explosent dans le lupanar de l’onanisme éperdu. Je me suis ensuite rendu sur des tchats pour échanger quelques mots avec des âmes perdues. Les mots se succédaient, émoussés à force d’être trop usés. Bienvenue dans les arènes du nouveau millénaire. Les claviers se sont substitués aux tridents mais les filets pour capturer sa proie sont toujours présents. L’occident prostitue ses frustrations en gerbes de pixels sur des écrans gelés. Sodome et Gomorphe vibrent au rythme des megahertz. Chacun vient mendier une once de plaisir illusoire dans les froides avenues du cyberespace.

Triste masturbation de la solitude devant sa propre solitude,
Stérile éjaculation sur l’écran d’un trop plein de dégoût,
L’eros de notre condition humaine se meurt .

2.
Statut hors ligne

Deux heures du matin et je reste les yeux ouverts, rivés à l’écran. Toujours ces quelques mots sur le papier qui refusent de venir. Je viens de m’enfiler une nouvelle tasse de café. Le cendrier sur mon bureau dégueule un trop plein de mégots. Une musique électronique percute violemment mes tympans. Que mon overdose soit complète ! Après m’être injecté ma dose de megahertz, je veux me shooter aux décibels, sans retour. Je tire une bouffée sur ma cigarette, goudronnant un peu plus l’autoroute en direction de la fin. Immobile, j’attends. Les minutes refusent de s’écouler. Elles s’étirent au-dessus de moi, immenses stalactiques effilées qui jamais ne tombent.

Et chaque jour elles grandissent jusqu’au moment où l’une se détachera pour venir me crucifier, me mettant définitivement hors ligne

Vendetta sur la médiocratie


Depuis ses origines, Internet est un bouillon de culture dont peut émerger le meilleur comme le pire.  Pour ce qui relève de la seconde catégorie, les exemples ne sauraient manquer. L’un des plus fameux se nomme Mickael Vendetta. Inconnu du grand public, il est parvenu à imposer son nom et sa présence dans les médias par le truchement d’un blog dans lequel il présentait un concept en carton-pâte : la bogossitude. Ajoutons à cela une attitude outrancière, jouant à l’excès sur la mégalomanie, la vantardise et le mépris d’autrui. Tous les ingrédients étaient réunis pour que ce digne ambassadeur de la culture du Rien fasse un buzz. Et pour un représentant de cette espèce,  quelle suite pouvait être plus logique que d’échouer dans l’une de ces ambassades du néant intellectuel ? Endemol, producteur de « La Ferme des célébrités », ne pouvait laisser passer l’occasion de l’enfermer dans son cirque en compagnie de peoples au statut périmé. A l’issue de plusieurs semaines de diffusion ad-nauseam de cette émission,  Mickael Vendetta fut le gagnant avec 51 % des votes du public. A l’issue de cette victoire, il a déclaré à France-Soir : « Je veux envahir la société, que ma tronche soit partout« . Au moins sommes-nous avertis. Mais la société n’a jamais au final que ce qu’elle mérite. En portant au pinacle le roi autoproclamé de la « bogossitude », elle ne fait qu’entériner l’abrutissement de notre sens de la réflexion, la mise sous scellée de notre capacité à nous enrichir l’esprit.  Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1 affirmait vendre  » du temps de cerveau humain disponible« . Il avait eu la maladresse de dire franchement ce qui est une réalité  chaque jour plus vraie.

Car du temps de cerveau, il y en a des wagons complets. Le web est un espace où résident de nombreuses gares de l’inutile et de l’éphémère pour accueillir ces wagons. Ces arrêts sont souvent des Skyblog. Le réseau Skyrock (dont font partie ces Skyblog) est l’un des plus fréquentés par les internautes français. Pour cause. Sur cette plate-forme, il est possible de créer son blog. Or, force est de constater que ceux-ci atteignent des sommets dans la vacuité et la bêtise. Pour l’essentiel, ils sont un hymne au vide et à l’absence de toute construction intellectuelle. La fréquentation de ces espaces est d’ailleurs à déconseiller fortement aux cardiaques amoureux de la langue de Molière. Les déclarations enflammées (ou non) s’y font sous le règne du langage SMS. Comment ne pas s’émouvoir sur des superbes « ke j tm bb », Kr0 4 ever » et autres joyeusetés ? Rien d’étonnant à ce que le terreau de naissance de Mickael Vendetta se trouve dans ce haut lieu de pollution du net.

Un autre arrêt fréquent de ces tristes convois sont les réseaux sociaux avec l’inévitable Facebook en tête. Chacun en fait l’usage qu’il souhaite et il est vrai que le site se révèle fort utile : partager des informations, retrouver des anciens collègues ou camarades, se tenir informé du parcours de tel ou tel, … La liste est longue. Cependant, la vocation première de Facebook, à savoir interconnecter entre eux autant de monde que possible, est également son cheval de Troie par lequel la médiocrité arrive. Plus un site devient populaire et ouvert, plus il perd en qualité. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un oeil sur les groupes créés par les membres. La majorité font abstraction de l’orthographe la plus élémentaire et les commentaires déposés ne revêt pas la moindre once de réflexion. Toujours sur Facebook, certains profils paraissent des ovnis venus d’un ailleurs improbable. La consultation d’un site comme Faceploucs (une véritable mine d’or) devrait convaincre les plus sceptiques sur ce point.

La liste des arrêts du train de l’inculture pourrait être longue mais je me bornerai ici à n’évoquer que les cas susnommés. Ils se suffisent pour pointer du doigt la médiocratie engendrée via le tuyau internet et une certaine télé poubelle. Celle-ci est regrettable mais néanmoins inévitable. A partir du moment où un outil se voit approprié par la masse, il tombe dans cette médiocratie.

Que mes détracteurs soient rassurés, je ne prétends pas m’en exclure.
Je ne suis, comme eux, qu’un vulgum pecus.

« Les infiltrés », journalisme ou enquête policiaire ?


Devant le buzz généré par le dernier numéro de l’émission « Les infiltrés » sur France 2, j’ai pris le temps de le visionner hier soir sur internet. Consacré à la pédophilie sur internet, ce reportage choc nous immerge au cœur de ce monde glauque et, disons-le franchement, à vomir. Pour ma part, je n’ai pas appris grand chose. Depuis que l’internet a étendu ses tentacules jusque dans les foyers de monsieur et madame tout le monde, cet espace est le terrain de jeu des prédateurs de tous poils. Longtemps d’ailleurs, les médias ont semblé ignorer ce qui pouvait s’y dérouler pourtant au vu et au su de tous. Ainsi, au début des années 2000, Caramail, à présent défunt, était une des communautés d’utilisateurs francophones les plus importantes avec un tchat regroupant plusieurs dizaines de milliers de connections simultanées. Chaque internaute pouvait créer son propre salon de discussion, lequel apparaissait dans une liste globale reprenant l’ensemble de ces salons. Au milieu de ceux consacrés à un genre musical, à une personnalité, à la politique et à tant d’autres thèmes, certains affichaient clairement la couleur avec des intitulés aussi directs et infects que « Je bande pour ma petite sœur ». Bien entendu, la modération finissait par supprimer ces salons mais ils pouvaient rester ouverts quelques heures avant d’être inquiétés. Je ne me souviens pas, à l’époque, avoir lu ou entendu des médias se faire l’écho de ce problème.

Ce numéro des infiltrés aura donc permis de mettre l’accent sur une réalité trop longtemps occultée. Par-delà le côté voyeuriste du sujet, sa diffusion sur une des principales chaînes du réseau hertzien offre l’occasion de toucher un maximum de personnes, souvent totalement naïves et ignorantes du sujet. Si cela permet à des parents de prendre conscience du danger à laisser leurs jeunes enfants se rendre seuls sur la toile, tant mieux. Il est assez ahurissant de constater que seuls 10% des ordinateurs familiaux sont équipés d’un logiciel de contrôle parental. L’émission permet également de mettre le doigt sur un autre point sensible : la modération. Comment exiger des personnes en charge de veiller à la bienséance et à la bonne tenue des tchatteurs d’être efficaces et aussi irréprochables que possible quand ces derniers sont, pour l’essentiel, des bénévoles ? Pour avoir été moi-même environ un an un de ces modérateurs bénévoles  sur un salon francophone, je sais combien le sujet est problématique. On se connecte quand cela nous est possible. La nuit, il arrive souvent que les salons se retrouvent sans aucun modérateur. Il faut bien dormir. Le jour, la plupart travaillent. Cette façon de « recruter » permet aux sites en question d’économiser des salaires, au détriment de la sécurité des plus jeunes. Certains commencent à intégrer l’idée de faire appel à des professionnels pour gérer leurs espaces. Malheureusement, c’est encore une minorité. D’autres optent pour la mise en place de robots. Or, jamais des robots ne remplaceront le jugement d’un être humain. Ils peuvent de plus être facilement contournés. Une véritable réflexion devrait s’engager sur le sujet avec l’ensemble des acteurs concernés.

Je ne peux terminer cette chronique sans évoquer la cause de tout le buzz engendré par cette émission. Le journaliste s’est fait passer pour une jeune fille de douze ans pour piéger des pédophiles et parvenir à les rencontrer, allant à l’encontre de deux devoirs essentiels de la profession :

  • Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public à de connaître
  • Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents.

Il n’est donc pas illégitime de s’interroger sur les méthodes d’investigations employées.

Suite à l’enquête, furent dénoncés aux forces de l’ordre certaines des personnes rencontrées. David Pujadas, présentateur de l’émission affirme : « On ne va pas s’empêcher de dénoncer un violeur de mineurs parce qu’on a notre carte de presse !« . Hervé Chabalier, président de Capa (producteur de l’émission) n’est pas en reste et va dans le même sens : « On ne dénonce pas, on signale« . Enfin, Me William Bourdon, avocat de Capa, se réfère à l’article 434-1 du code pénal qui fait obligation à quiconque, dans certains cas criminels, d’informer les autorités judiciaires ou administratives.  Même si le propos d’Hervé Chabalier peut prêter à sourire (car si monsieur, ne jouons pas avec les mots, il s’agit bien d’une dénonciation. Pourquoi ne pas l’assumer pleinement ?), ils ont chacun raison. Il est évident que tout journaliste sain d’esprit dénoncera des pédophiles qui s’apprêtent à commettre l’irréparable. Le contraire serait proprement scandaleux. Cependant, là où le bât blesse, c’est sur les méthodes employées pour cette enquête. Où s’arrête le journalisme et où commence le travail de la police ? Où se situe la ligne jaune qui transforme le journaliste en auxiliaire de la police ? Lors de son investigation, le journaliste avançait masqué, sans faire état de sa profession.  Dès lors, la donne est faussée. Par ailleurs, si nous considérons comme acceptable qu’un journaliste collabore avec les autorités pour un pédophile, où doit se situer le curseur ? Un criminel de guerre, responsable de la mort de milliers de personnes, est-il moins condamnable, plus digne d’être protégé dans son anonymat qu’un pédophile ? C’est une vraie question à laquelle je ne prétends nullement apporter une réponse définitive. Cependant, il me semble que ce noble métier qu’est le journalisme devrait veiller à ne pas se retrouver trop souvent sur des terrains brumeux dans lesquels son devoir de réserve sur ses sources est amené à voler en éclat. C’est là toute la crédibilité d’une profession qui est engagée.

Wrath vs Dantec : rien de plus qu’une guéguerre


Depuis quelques semaines, une polémique agite le Landerneau des blogs littéraires francophones. Rien de bien conséquent à dire vrai mais celle-ci permet de prendre la juste mesure de la mesquinerie qui peut parfois habiter ce petit monde.

L’affaire est partie du blog de Lise-Marie Jaillant, plus connue sous le pseudonyme de Wrath. Elle a publié un billet sur Dantec, affirmant que celui-ci passerait par le service de « nègres ». Une telle assertion exige a minima une vérification poussée et des sources qui ne soient pas réfutables. Or, ces sources sont obscures. Quelques temps plus tard, Dantec prit sa plume pour un droit de réponse au vitriol dont le contenu ne mérite guère d’être évoqué tant il est à la hauteur de l’accusation : d’une grande bassesse. Venant d’un écrivain dont, à défaut d’admirer son sionisme revendiqué,  je respecte la prose, j’attendais plus de hauteur dans sa réaction. Mais passons… Il n’en fallait pas plus pour que les réactions s’enflamment et que le torchon brûle entre les détracteurs de Wrath et ses ô combien fervents défenseurs.

Il faut bien dire qu’en matière de détracteurs, Wrath s’y entend. L’envoi de ses manuscrits se soldant par des refus de la part des éditeurs, elle a enfilé ses habits de justicière et s’est transformée en Zorro du wannabe. Ce délicieux anglicisme désigne toutes ces personnes tâtant de la plume qui souhaiteraient accéder au statut reconnu d’écrivain mais qui, pour diverses raisons, n’y parviennent pas. Son blog est donc devenu le déversoir quasi quotidien d’une rancœur et d’une frustration vis-à-vis des éditeurs sur lesquels elle n’a de cesse de cracher sa bile. Un manuscrit est refusé ? Il est bien plus facile de remettre en cause l’éditeur que soi-même. Un écrivain est publié ? A n’en pas douter, il a bénéficié d’entregent. La qualité de son manuscrit ne peut être un critère puisque ceux-ci ne sont même pas lus par les maisons d’éditions. Voici, résumé en quelques mots, la philosophie Wrathienne. Cependant, je vais me faire l’avocat du diable pour porter à son crédit quelques points. Quand elle dénonce le milieu germanopratin de l’édition, ses prix bidonnés, le bulldozer médiatique axé sur quelques auteurs, nonobstant leur manque évident de talent, je lui donne raison. Ces vérités sont malheureusement noyées si profondément sous un flot de bêtises qu’elles en deviennent inaudibles et perdent en crédibilité.

Que Wrath soit tout d’un bloc, sans nuance, est une affaire entendue. Cette attitude doit-elle pour autant justifier un tel déversement de haine à son encontre ? N’est-ce pas lui accorder un crédit et une audience dont elle ne bénéficierait pas autrement ? Franchement, la violence des attaques à son encontre (voir celle de Dantec et celle de Stalker) m’interroge. Car tout cela pour quoi ? Quelques égos égratignés par des propos fielleux. Bienvenue dans une guéguerre de caniveau transformant internet en cour de récréation.

Chatroulette, la vitrine des frustrations


Depuis quelques semaines, un site buzze sur la toile. Tout d’abord relativement confidentiel, la polémique déclenchée par celui-ci a pris une telle ampleur que la sphère politique s’est emparée du sujet pour donner son avis. L’inénarrable Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille, souhaite rien de moins que de mobiliser l’ONU.

Pour celles et ceux ne connaissant pas encore le principe de ce site, il offre la possibilité d’être connecté instantanément et surtout au hasard, avec un ou une inconnu(e) via webcam. Si jamais la tête de votre interlocuteur ne vous revient pas, il suffit alors de cliquer sur « Next ». En peu de temps, on voit ainsi défiler devant ses yeux tout un kaléidoscope de l’Humain, de ses facettes les plus amusantes aux plus glauques. Le voyeurisme en direct, confortablement installé dans son fauteuil. En quelques clics de souris, on passe d’un internaute déguisé à l’exhibition d’un pénis plus ou moins malmené par une main anonyme, dans l’attente désespérée d’un bout de sein. Bien entendu, c’est sur ce dernier aspect que le bât blesse et que la polémique vient se greffer. Elle est compréhensible. Ce site ne demande aucune inscription et aucune vérification sur l’âge n’est donc faite au préalable. Si j’estime son souhait de porter le débat jusqu’à la tribune de l’ONU excessif, Nadine Morano a également lancé un appel auprès des parents pour les inciter à utiliser les possibilités du contrôle parental. En cela, je l’approuve. Mais Chatroullette est l’arbre qui cache la forêt. Nombreux sont les sites de ce genre qui, en toute discrétion, permettent au premier venu de s’exhiber sans pour autant s’assurer de sa légitimité à le faire. Inutile d’en dresser une liste ici. Qu’ils restent dans une relative confidentialité. C’est par contre une raison supplémentaire pour activer le contrôle parental, sachant que celui-ci ne sera jamais la panacée et qu’il ne doit pas servir d’outil sur lequel les parents se dédouaneraient à défaut d’éduquer leurs enfants aux dangers de la toile.

Je reviens sur le cas précis de Chatroulette. Il est intéressant car il démontre combien internet, malgré ses indéniables qualités, peut aussi engendrer la vacuité la plus absolue. Ce site est le fruit de l’accouplement entre concept de la télé réalité poussée à son paroxysme et zapping. Des inconnus acceptent de jouer le jeu du voyeurisme en offrant leur intimité sur la toile à un potentiel de quelques millions d’internautes. Aucune valeur ajoutée ici, simplement le souhait futile de participer à cette grande partouze de moments entrecroisés. Vitrines des états d’âme, des frustrations de nos sociétés contemporaines, on passe puis on zappe, collectionnant des instants éphémères d’autrui.

Faut-il prendre ce site au second si ce n’est au troisième degré ? Certains affirment que oui et se drapent dans des postures outragées dès qu’ils entendent le mot « contrôle ». Me concernant, pour rien au monde je ne laisserai un enfant se connecter sur ce site qui démontre que l’intelligence des masses sera toujours une belle et naïve utopie.

Pour accompagner cet article

Des sélections de screenshots du site

Les effroyables imposteurs


Hier soir, sur Arte, était diffusé un documentaire sur les conspirationnistes de tous poils qui hantent internet. Avant d’aller plus loin, il est déjà étonnant que la date choisie pour ce documentaire soit le 9 février, jour-même de l’ouverture du débat sur la loi Loppsi. Faudrait-il y voir là une simple coïncidence ou bien une volonté délibérée de la part de la chaine ? La question reste posée.

Ce documentaire était totalement à charge des conspirationnistes et en cela, rien de choquant. En effet, comment apporter crédit à des sites qui diffusent des thèses antisémites, racistes ou négationnistes ? Comment cautionner des personnes qui vont jusqu’à remettre en cause simplement des faits, qui affirment leurs propres vérités sans même l’étayer de sources fiables ? Cependant, j’ai été profondément dérangé par le parti-pris de l’émission qui, sous couvert de battre en brèche les thèses conspirationnistes, jetait le bébé avec l’eau du bain. Un glissement de dialectique s’est rapidement opéré pour passer des complotistes au journalisme citoyen. Si les deux peuvent parfois s’accoupler, les jeter ensemble dans une même prétendue « poubelle du web » est erroné et révélateur, au mieux d’une méconnaissance du sujet, au pire d’une volonté délibérée de dénigrer à défaut de maitriser.

Un exemple est révélateur. Benoît Raphaël, le rédacteur en chef du Post (site participatif ou tout internaute peut poster ses propres articles)  est interviewé. Le journaliste l’interroge en particulier sur un article très clairement antisémite qui a échappé à la modération. Certes, il s’agit d’une erreur de la part du Post. Pour autant, quel site avec une large audience peut se targuer d’être irréprochable et de ne jamais rien laisser filtrer d’illégal ? Faites un tour sur les forums de la plupart des médias traditionnels, vous serez édifiés. Et comme le dit fort bien Benoît Raphaël :

Et comme pour toute plateforme de blogs, le site ne censure pas a priori des contenus publiés sur ces pages personnelles. Il ne le fait pas parce qu’il n’est pas éditeur de ces contenus amateurs, mais hébergeur. La modération se fait a posteriori, sur alerte des internautes

Source

Cependant, il n’en fallait pas plus au journaliste d’Arte. Cette erreur est bien la preuve que le web participatif est un cloaque nauséeux d’où rien ne peut émerger de positif. Un tel raccourci est regrettable. Il retire toute légitimité au journalisme citoyen. Pour quelles obscures raisons, monsieur tout le monde n’aurait-il pas voix au chapitre ? A l’instar des journalistes, il possède une opinion et peut à ce titre l’inscrire dans le cadre du débat démocratique. Alors oui, les excès et débordements vont souvent de pair avec la jeunesse. Et le web participatif l’est assurément, jeune. Mais n’est-ce-pas là ce qui fait également sa richesse ? Des internautes de talents font entendre leur différence, apportent des points de vues novateurs, offrent des angles de réflexion qui ne sont pas abordées dans la presse officielle. La force du journalisme citoyen est de pouvoir se faire entendre en s’affranchissant des canaux classiques de communication, de contourner des institutions en place qui sont, bien plus que lui, assujetties à des pressions financières et/ou politiques. Plutôt que de les diaboliser sans aucune nuance, les médias ne devraient-ils pas déjà se pencher sur leur propre mission, celle d’informer et non d’influencer ? D’éduquer et non de formater ?

Concernant les conspirationnistes, vouloir les réduire au silence ne peut qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui défendent la thèse d’un vaste complot du nouvel ordre mondial pour les discréditer. Ils sont renforcés dans leurs délires paranoïaques. Pourtant, ils ont tout autant de légitimité qu’autrui à occuper l’espace médiatique, du moins tant que leurs thèses ne tombent pas sous le coup de la loi. Nul ne devrait être censuré pour avoir remis en cause la version officielle du 11 septembre. Personne ne devrait être ennuyé pour défendre l’idée que le vaccin H1N1 serait un empoisonnement programmé de l’humanité en vue d’un génocide. Aussi aberrantes que soient ces opinions, elles participent au vaste bouillon de culture médiatique de notre société.

Le meilleur moyen de les combattre est de plonger dans ce bouillon et d’y apporter notre modeste mais néanmoins nécessaire contribution.

« Confession d’un pédophile, l’impossible filtrage du web »


A l’heure où les politiques occidentales semblent s’orienter vers une surveillance généralisée du web, voir même pour certaines une censure, un ouvrage vient donner un sacré coup de pied dans la fourmilière, mettant à mal l’argument de lutte contre la pédophilie dont usent et abusent les politiques pour mieux distiller au sein d’une population cette acceptation d’un Etat dopé aux hormones chinoises. Si il ne s’agit nullement de nier la gravité de la pédophilie, cet argument est un cache-sexe (sans vouloir pratiquer un jeu de mot hasardeux). Loin d’éradiquer ce fléau, un filtrage aurait pour seul effet de renforcer ces réseaux criminels qui s’enfonceraient un peu plus dans un web crypté, échappant à toute surveillance étatique. En France, ce projet de surveillance et de filtrage répond au doux nom de loi Loppsi 2.

Face aux risques que fait peser ce projet sur l’avenir de l’internet francophone, « Confession d’un pédophile, l’impossible filtrage du web » vient offrir un éclairage nouveau, battant en brèche les idées reçues sur la supposée efficacité d’un filtrage de la pédopornographie, ce thème douloureux permettant ensuite de généraliser progressivement le filtrage sur des sujets moins racoleurs.

L’ouvrage peut être commandé en version papier (8 euros), ou téléchargé et diffusé librement sous licence Creative Commons by-sa (.pdf).

Et il est bien entendu à diffuser au mieux dans son entourage.

La quatrième de couverture :

Le contenu de ce livre est choquant. Il scandalise par le thème qu’il aborde, la pornographie infantile. Il heurte par la froideur et la pertinence de son analyse. Il choque par la conclusion de sa précise démonstration : filtrer Internet des contenus pédopornographiques fera la richesse des pédocriminels et protègera les pédophiles de toute action des forces de l’ordre. En un mot, la loi Loppsi prépare un monde dans lequel aucun parent responsable ne voudrait voir vivre ses enfants.

Préfacé par Robert Ménard, fondateur de Reporter Sans Frontières, rédigé par des professionnels de la lutte contre les pédophiles en ligne, Hervé Recoupe, ancien directeur d’enquête de la gendarmerie ou Tom Morton, expert informatique auprès des tribunaux anglais, cet ouvrage revient sur le business lucratif de la pornographie enfantine, explique clairement le fonctionnement et les techniques sophistiquées d’accès à ces contenus et dissèque les conséquences de toute tentative de filtrage d’Internet.

Basé et étayé sur le témoignage avéré et vérifié d’un pédophile allemand intitulé « An insight into child porn », ce livre est une plongée dans le fonctionnement d’un monde parallèle, caché dans un réseau dans le réseau. Il montre et démontre l’infaisabilité d’un filtrage et les effets désastreux qu’il induirait, mais il propose surtout de véritables pistes de réflexions quant aux solutions réellement efficaces qu’il convient de mettre en œuvre : lutte contre les paradis fiscaux, entraide judiciaire, formation…
« Pornographie pédophile, l’impossible filtrage du web » est un coup de poing. Un choc essentiel qui pose la question de fond : quel Internet voulons-nous pour demain ?

Ont participé à ce livre :

Robert Ménard, fondateur de Reporter sans frontières
Fabrice Epelboin, ReadWriteWeb
Tom Morton, expert auprès des tribunaux anglais
Guillaume Champeau, Numerama
Hervé Recoupe, adjudant enquêteur de la Gendarmerie Nationale
Mathieu Pasquini, InLibroVeritas
Jérémie Zimmermann, La quadrature du net

Les droits d’auteurs de ce livre seront reversés a des associations de lutte contre la pédophilie.

Formatage du programme « Humanité »


Le commencement. Rien n’est encore écrit ; tout reste à accoucher. Les premières contractions se font sentir. Ces dernières années, les gestations furent nombreuses, sans jamais parvenir à accoucher du moindre nouveau-né vivable. Dans les nuits solitaires, des douleurs déchiraient les entrailles de mon âme mais le matin venu, dans la lumière blafarde d’un jour encore hésitant, je contemplais des fœtus morts-nés. Chacun fut une promesse non tenue, un mensonge jeté à la face de la réalité.

Myriade de galaxies explosant en idées moribondes
L’espoir pleure parmi les filaments de ses peurs
Derrière la ligne d’horizon, la silhouette d’un homme
Ombres fantasmagoriques déchirées au couteau lunaire
La burqua du conformisme enchaîne les pensées

Les synapses se remettent en branle. L’huile sacrée de l’inspiration vient s’écouler entre les dents des rouages oxydés. Sur le clavier, mes doigts dansent au rythme des réparations du grand horloger cosmique. Mon cortex cérébral oscille dangereusement sous les vibrations d’un monde en phase de destruction. La matrice se disloque, pénétrée sauvagement par le phallus trop longtemps retenu des attentes inassouvies. Après ces années de famine dans les geôles de la frustration, elles réclament leur dû. Le temple illusoire des Dieux se couvrent de lézardes ; ses prêtres courent sur l’ancienne place de leurs sermons désormais transmutés en oraisons funèbres. Ils ouvrent leurs bouches édentés mais aucun son ne sort de leurs gorges encombrées de toiles d’araignées. Les fondations s’écroulent avec fracas.

Injection de données dans le circuit imprimé de l’humanité
Encodage des données finales dans son subconscient
Inoculation du virus sous les tropiques du requiem
Activation des ultimes prières binaires avant le reboot.

> C:/format humanity
> Process begin… Please wait

### End of data transmission ###