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Le voile de la libre-expression


Les Dieux sont revenus parmi nous. Des légions de tristes âmes jouent les fossoyeurs de la libre-expression. Formidable retour en arrière dans des temps que nous pensions révolus. Des prophètes dévoyés agitent les frustrations et les angoisses des foules. Le monde s’éveille péniblement d’une longue torpeur. Le rideau de fer s’est écroulé sur les ruines de ressentiments trop longtemps refoulés. Le retour dans les territoires de nos inconscients reniés ébranle nos certitudes.

Des rhétoriques binaires s’affrontent sous le signe d’un manichéisme absolu. Si les voiles viennent renier certaines femmes, ils sont aussi sur bien des esprits de soi-disant penseurs. Le phare de la liberté éclaire de plus en plus faiblement tandis que nous errons sur un océan qui grossit chaque jour. Le siècle des Lumières est en berne. Voltaire, ils sont devenus fous !

Si vous devez rétablir le blasphème, sachez que je serai ce chien, cet impie qui refusera de se soumettre à quelque loi divine que ce soit. Je proclame mon droit le plus absolu de tourner en dérision un prophète, un prêtre, un rabbin. Mon père se nomme Choix, ma mère Indépendance. Je suis leur enfant et je m’affranchi de toute autorisation préalable pour penser. A la face de vos croyances formolées, je jette mon humanité.

Les cavaliers célestes


Des fragments d’éternité volent autour de ma réalité. Je ne puis les palper mais néanmoins les sentir. Je les devine là, à me regarder. Eclats sublimés de ce que je n’ai jamais été, débris oxydés de songes laissés à l’abandon sur les rivages de mon enfance, l’océan de mes souvenirs vient doucement mourir là en étirant sa langue humide jusqu’à vous. Des mouettes se laissent dériver dans le ciel laiteux tandis que des crabes s’enterrent sous les algues. Sur cette plage déserte, au milieu de la morne étendue de sable, une croix se dresse. Vermoulue et pourrie, des tapis d’une mousse spongieuse partent à l’assaut de ce triste symbole de soumission. Ils rongent insidieusement le bois. Un vieux Christ en bronze est cloué sur cette croix en décomposition. Le temps est venu s’accrocher sur les reliefs de la sculpture formolée, la drapant dans un manteau de soumission. Le ciel se déchire. Les vagues se muent en cavaliers déchainés galopant à l’assaut du rivage. Des pleurs déchirent le silence. Des larmes célestes dégoulinent des yeux éteints du messie mort. L’eau ruisselle sur le bronze déformé et les cavaliers du courroux se rapprochent en mugissant. Le fracas de leur colère engloutit mes débris de songes dans un rouleau rageur qui les projette contre la croix. Elle tremble sur ses fondations. Un éclair fend les cieux et vient frapper la tête de cette statue ridicule clouée sur le bois. Elle vient s’abîmer dans les flots en furie avant que la croix ne vacille et ne s’effondre à son tour.

Pédophilie dans l’Eglise, une curée pas très catholique


Une nouvelle fois, un scandale de pédophilie vient entacher l’Eglise. A Rouen, un prêtre a été mis en examen pour des faits datant des années 90. Si l’horreur de ces actes ne saurait être contestée, je m’interroge tout de même sur ce raz-de-marée soudain qui amène désormais chaque jour son lot de révélations. Une omerta se serait-elle levée, révélant un scandale longtemps caché ou bien une cabale savamment entretenue par certains médias chercherait-elle à imprimer insidieusement dans l’opinion publique l’idée que la majorité du clergé se livrerait à ces actes délictueux ?

Il suffit de parcourir les forums des sites des principaux quotidiens de la presse ou bien de faire un tour sur les groupes Facebook pour le constater. L’Eglise n’est qu’un ramassis de pervers et tout prêtre est un pédophile en puissance. La curée des anticléricaux est lâchée. Il faut bouffer du curé jusqu’à l’indigestion, jusqu’à en vomir. Ces mêmes personnes qui font preuve d’aussi peu de discernement sur le sujet oseraient-elles faire les mêmes raccourcis stupides sur des sujets autrement plus sensibles ? Non. Gageons même qu’elles furent parmi les premières à s’offusquer du désormais célèbre propos d’Eric Zemmour : « (…) la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait. » Pourtant, ont-elles plus de retenue dans leurs réactions sur les cas de pédophilie dans le clergé ? Bien au contraire. Pour ces gens-là, la plupart des prêtres sont des pédophiles… C’est un fait. Je m’étonne également de la différence de traitement qu’opèrent les médias selon les religions. Une telle bronca est-elle déclenchée quand un imam harangue dans une mosquée avec un prêche incendiaire ? Bien sur que non car un imam fanatique ne signifie pas que tous le soient. La même retenue serait souhaitable et nécessaire pour la religion catholique.

L’archevêque de Rouen, Mgr Descubes, a déclaré au micro de RTL que, « on le sait, la majeure partie des cas de pédophilie a lieu à l’intérieur de la famille et sont le fait d’hommes mariés. D’autres corporations comme le corps enseignants sont encore plus touchées. (…) Je ne vois pas que ces autres institutions soient salies autant par la presse. Il ne faut pas entacher l’immense majorité des prêtres qui consacrent leur vie à l’Eglise. » J’approuve une partie de son propos. Effectivement, aucune autre institution n’est salie autant que ne l’est l’Eglise car ces autres institutions ne génèrent pas des réactions aussi à vives, avec une seule volonté, celle de détruire. Malheureusement, il élude l’épineuse question du célibat des prêtres qui mériterait pourtant d’être posée. Si celle-ci n’est pas la cause des déviances de certains, elle peut cependant être l’une d’elles, parmi d’autres conséquences : homosexualité, prêtres défroqués, … Bien sur, ces deux derniers cas ne sont pas condamnables, contrairement à la pédophilie. Mais l’ensemble de ces faits devraient amener le Vatican à reconsidérer la question du voeu de chasteté plutôt que de voir le sexe comme un sujet tabou dont on ne parle que du bout des lèvres.

Homélie guerrière


De toute part, les armes s’affûtent.
Au loin, un tonnerre sourd gronde.
Les nations se dressent, se scrutent.
Les enfants jouent avec les frondes.

Le sang bouillonne dans les veines.
Des chants martiaux sont scandés.
L’homme vient embrasser la peine,
L’armaguedon comme ultime destinée.

Aux mots vont succéder les crimes.
L’horizon ouvre ses portes aux légions.
A Mars, l’humanité va payer sa dîme,
Se détruire au nom de tristes religions.

Palestiniens, Israéliens, Américains,
Tous les peuples de ce monde éteint,
Musulmans, juifs mais aussi chrétiens,
Sur vos mains coule le sang du prochain.

Un homme s’explose à la gloire d’Allah.
Le peuple élu assassine avec grand fracas.
Dieu, métaphore de nos pulsions immondes,
Religion, linceul mortuaire de ce monde.

La crosse de l’arme


Cigarette qui se consume dans un cendrier,
Soleil qui déteint sur un ciel en larme,
L’enfant se saisit de la crosse de l’arme.

Vieillard qui se consume dans sa voiture papale,
Icône qui se fissure sous un temps indifférent,
Il se saisit de la crosse de son bâton pastoral.

L’enfant ouvre la bouche pour accueillir la mort.
Sa main tremble tandis qu’il serre la crosse.

Il s’effondre au sol, le cerveau grillé.

Le pape ouvre la bouche pour parler amour.
Sa main tremble tandis qu’il s’appuie sur la crosse.

L’humanité s’effondre au sol, le cerveau grillé.

Place de la Charia


Pénétrées par des sexes phalliques en ultime érection d’impuissance,
Les deux putains, soeurs jumelles du capitalisme, se sont couchées.
Dans leurs grands coeurs d’acier se sont endormies tant de destinées.
Ejaculation stérile d’un fanatisme absolu sur nos bonnes consciences.

Leurs chairs viennent embrasser le souffle mortuaire de la bombe.
Sous les voiles de la soumission coulent des tristes larmes cachées.
Les sourates du Coran flagellent les esprits insoumis dans l’impiété.
Les houris aux grands yeux se meurent de chagrin dans leurs tombes.

Dans son minaret, le muezzin chante sous une lune ronde et ensanglantée.
Les mollahs se drapent dans leurs fatwas et conjurent l’humanité.
Le hijab tombe insidieusement en invoquant des fantômes du passé.
Sur la place de la Charia, les pierres volent, les visages sont brûlés.