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Du X au Z, il n’y a qu’un Y


Désigne le groupe des personnes nées dans les années 80 et 90. L’origine de ce nom a plusieurs attributions. Pour les uns il vient du Y que trace le fil de leur baladeur sur leur torse, pour d’autres ce nom vient de la génération précédente, nommée génération X. Telle est la définition donnée par Wikipedia pour la génération Y. Les Américains utilisent également l’expression « Digital Natives » ou « Net Generation » pour pointer le fait que ces enfants ont grandi dans un monde où l’ordinateur personnel, le jeu vidéo et l’Internet sont devenus de plus en plus importants et accessibles nous dit encore Wikipedia. Le but de ce billet n’étant pas de recopier l’ensemble de la page de l’encyclopédie libre, je cesse là les références à cet article. Le lecteur pourra s’y reporter ici-même.

 
Cette introduction me permet cependant d’appuyer ma réflexion: je ne suis finalement pas encore si âgé que je veux bien le penser par moment. Né en 1974, les sociologues me rattachent à la génération X, celle des enfants de la télé, shootés à RécréA2, Croque Vacances et autres Disney Chanel. Pourquoi alors ai-je cette impression de répondre à la définition de la génération Y ? Le fil de mon premier walkman (paix à son âme) formait ce Y. Les ordinateurs personnels occupaient déjà bien des discussions avec mes camarades dans la cour d’école. Chacun avait choisi son camp et le défendait avec vigueur : les pro-Amiga versus les pro-Atari, ceux qui ne juraient que par l’Amstrad, les adeptes des consoles, … Le jeu vidéo n’était pas un simple concept mais une réalité. Pour Internet, il fallut certes attendre un peu plus tard, 1994. Mais je n’avais encore qu’une vingtaine d’années, un âge où on ne peut pas vraiment être qualifié de vieux. De tout cela, dois-je en conclure que je suis à cheval sur ces deux générations, un être hybride à mettre dans la case des XY ?

 
Une chose me rassure. Je suis loin d’être le seul dans ce cas. Plusieurs de mes amis, sensiblement du même âge que le mien, dressent un constat identique. Autre trait typique de cette génération Y : sa capacité à utiliser en simultané différents appareils nomades. Leur cerveau serait multi-tâches, le mien non. Concrètement, selon cette caractéristique,  prenez un jeune dans les transports en commun. Celui-ci, un casque audio vissé sur les oreilles, sera en train de pianoter sur son mobile avant d’ouvrir son e-book pour lire qui son manga, qui son roman. Toujours connecté, jamais à l’arrêt, il remplira son fil Facebook de photos prises dans l’instant avec son smartphone, balancera sur Twitter sa pensée du moment, discutera avec ses « friends » connectés. Mais ne serait-ce pas là des attitudes qui peuvent également me correspondre ? Ne suis-je pas dans le métro avec mon lecteur MP3, mon e-book ? Dans le bus, n’ai-je pas l’habitude de consulter Facebook en semant des « Like » de ci, de là ? Il doit s’agir du côté Y de mon X qui s’exprime. Finalement, pour une personne qui a toujours été  fâchée avec les maths, je ne m’en sors pas si mal dans les équations complexes. Plus sérieusement, il faudrait arrêter avec ces clichés ridicules. Quand j’avais une quinzaine d’années, je lisais tout en écoutant de la musique. Parfois même, tache ô combien ardue, la télé était allumée en sus. Alors ? Cerveau Mono Core ou Dual Core ? Vouloir ainsi séquencer la population n’a d’autre intérêt que marketing. Chaque génération est l’héritière de la précédente et si chacune possède ses propres codes et références, aucune ne peut se réclamer unique détentrice de tel ou tel technologies. Les « socios-marketeux » se sont déjà remis au travail pour dessiner la génération à venir, celles des Z. Après les « Digital Natives », les « Echo-Boomer »vont entrer en scène. Et après les Z ? Quel nom fumeux sortira de leurs chapeaux ?

 
Au final, la seule chose qui soit certaine, c’est que chaque génération s’accompagne de son lot de clichés. Et qu’ils soient X, Y ou Z ne change rien à l’affaire.

Du crime d’un fils à l’indécence d’un père


Mohamed Merah, un nom hier encore totalement inconnu, aujourd’hui synonyme de deuils, de souffrances et d’incompréhensions. Un nom qui déclenche des réactions à la mesure du traumatisme vécu. Je ne souhaite pas participer aux polémiques sur les motivations de l’auteur des tueries de Toulouse et de Montauban, les failles réelles ou supposées des services de renseignement ou encore sur les conditions dans lesquelles le RAID est intervenu. Les réactions sont déjà nombreuses et mon propre avis n’a que peu d’intérêt. En revanche, il est deux points sur lesquels je souhaite vivement réagir.

Tout d’abord, l’attitude proprement honteuse et révoltante de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira qui a laissé planer le doute, mardi 27 mars, sur la possible diffusion des images des tueries de Mohamed Merah. Après un temps de réflexion, ils ont décidé de ne pas les passer à l’antenne. Les fortes pressions exercées par le plus haut sommet de l’Etat ainsi que l’assignation de la chaîne en référé par le parquet de Paris ne sont sans doute pas pour rien dans cette décision. Le communiqué d’Al-Jazira annonçait que « conformément à son code d’éthique et compte tenu du fait que les vidéos n’ajoutent aucune information qui n’est pas déjà du domaine public« , elle « ne diffusera pas leurs contenus« . Quelle hypocrisie. Comment peuvent-ils évoquer un code éthique après avoir songé à les diffuser, ne serait-ce qu’une demi-journée ? Si un véritable code éthique devait les guider, ce temps de réflexion n’aurait pas été nécessaire pour juger de la pertinence ou non de la diffusion de cette vidéo. Ce supposé code éthique aurait permis de trancher à l’instant même de la réception de ce document : aucune diffusion ne saurait être tolérée. Outre le fait qu’Al-Jazira France s’exposait à une action civile engagée par les proches des victimes devant le tribunal de grande instance pour atteinte à la dignité de la personne humaine (article 16 du Code civil), le faire eut été un second assassinat, envers la mémoire des victimes et un viol pur et simple du respect du deuil des familles. Par ailleurs, passer à l’antenne ce funeste testament aurait apporté sur un plateau une gloire posthume à Mohamed Merah pour quelques illuminés, collaborant de fait activement à son message de haine. Il fut un temps où la ligne éditoriale d’Al-Jazira était de passer à l’antenne les messages d’ Al-Qaïda. Avec cette hésitation, devons-nous craindre que la chaîne revienne à ses vieux démons ? Il n’est pas choquant de se poser la question.

Si il est une personne qui n’a aucune éthique, et j’en arrive à mon second point, c’est bien le père de Mohamed Merah. Que la douleur le remplisse, je le conçois. Qu’il soit le père d’un assassin n’enlève rien au respect que nous devons à toute souffrance. Qu’il ait abandonné son fils ne le rend en rien responsable de la folie meurtrière de ce dernier et ne retire aucune légitimité à sa souffrance. Par contre, comment justifier qu’il charge une avocate de poursuivre le RAID pour assassinat ? « M. Merah considère que son fils a été assassiné. Il nous a chargés de porter plainte contre les services de sécurité français, a indiqué cette avocate. Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, lui avait demandé de se taire. Effectivement, ce monsieur eut été plus avisé de ne pas s’exprimer. Car si nous devons respecter sa douleur, il se devrait de faire de même envers les victimes : trois enfants, un professeur et trois soldats. Avec son souhait de porter plainte, Mohamed Benalal Merah ajoute l’indignité à l’horreur, l’indécence en étendard.

Le lecteur avisé comprendra facilement les raisons pour lesquelles j’ai choisi, contrairement à une majorité de médias, de ne pas faire figurer une photo du criminel mais une vision œcuménique des trois grandes religions monothéistes.

Marianne


Mirifique bout de terre étendant son bras dans l’océan,
Amer est à présent le goût de ta terre gorgée d’histoire.
Rares sont les vents de révolte sur ton silence pesant.
Iras-tu jusqu’à parjurer tes idéaux dans cette triste foire ?
Années de splendeurs passées devenues sombres ruines
Ne vois-tu pas sur ton miroir couler les larmes de tes enfants ?
N’entends-tu pas hurler ces patriotes dans tes ravines ?
En deuil, la France se meurt, prostituée par un État indécent.

Le voile de la libre-expression


Les Dieux sont revenus parmi nous. Des légions de tristes âmes jouent les fossoyeurs de la libre-expression. Formidable retour en arrière dans des temps que nous pensions révolus. Des prophètes dévoyés agitent les frustrations et les angoisses des foules. Le monde s’éveille péniblement d’une longue torpeur. Le rideau de fer s’est écroulé sur les ruines de ressentiments trop longtemps refoulés. Le retour dans les territoires de nos inconscients reniés ébranle nos certitudes.

Des rhétoriques binaires s’affrontent sous le signe d’un manichéisme absolu. Si les voiles viennent renier certaines femmes, ils sont aussi sur bien des esprits de soi-disant penseurs. Le phare de la liberté éclaire de plus en plus faiblement tandis que nous errons sur un océan qui grossit chaque jour. Le siècle des Lumières est en berne. Voltaire, ils sont devenus fous !

Si vous devez rétablir le blasphème, sachez que je serai ce chien, cet impie qui refusera de se soumettre à quelque loi divine que ce soit. Je proclame mon droit le plus absolu de tourner en dérision un prophète, un prêtre, un rabbin. Mon père se nomme Choix, ma mère Indépendance. Je suis leur enfant et je m’affranchi de toute autorisation préalable pour penser. A la face de vos croyances formolées, je jette mon humanité.

Sarkozy à Tremblay : remix d’un discours sécuritaire


« La République ne reculera pas d’un millimètre ». Ainsi parlait Nicolas Sarkozy lors de sa visite surprise à Tremblay, en Seine-Saint-Denis le 20 avril. Une nouvelle fois donc, le chef de l’Etat nous ressert le plat sécuritaire, plat qu’il aime à proposer dans son menu politique depuis l’époque où il fut ministre de l’Intérieur. Mais les français qui dégustent le repas du chef depuis quelque temps déjà finissent par trouver celui-ci bien tiède et sans saveur. Souvenez-vous. Nous étions en octobre 2005. En déplacement officiel à Argenteuil en tant que Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy est vivement interpellé par une habitante d’une tour HLM qui lui demande: « Quand nous débarrasserez-vous de cette racaille ? ». Et lui de répondre : « Vous en avez assez de cette bande de racailles ? Eh bien on va vous en débarrasser. » Malgré la vague polémique (et à dire vrai exagérée) que ces propos déclenchèrent, rien n’a changé depuis.

Mardi dernier, il nous a donc joué la même partition, à peine remixée. Il a promis à nouveau une « fermeté absolue » contre les trafics et l’insécurité. « Les violences dans les transports et les établissements scolaires en Seine-Saint-Denis, ça doit cesser ». Fort bien. Mais quelles solutions entend-il apporter ? La suite de sa déclaration apporte quelques éléments de réponse. S’adressant aux chauffeurs de bus attaqués : « Tous les jours, il y aura des actions de police contre les trafiquants. Vos lignes seront sécurisées ». Le ton est martial et la fermeté prévaudra. Quid de la prévention ? Toute politique se basant uniquement sur la répression est vouée à l’échec. Aucune solution pérenne ne peut se dégager dans une logique de confrontation. Continuant sur sa lancée, le chef de l’Etat dira qu’il tient « à ce que les forces de police interviennent sans restriction, aussi souvent que nécessaire et marquent leur autorité dans les halls d’immeuble des cités touchées par la délinquance ». Qu’on me comprenne bien. Je ne refuse pas le principe de l’intervention et de la sanction. Il ne faut avoir aucun atermoiements sur ces dealers qui empoisonnent le quotidien des habitants, font de leurs entrées d’immeubles des supermarchés de la drogue et imposent leurs règles par les pressions et la peur. De même pour les délinquants qui font brûler des bus au risque de drames humains. Aucune excuse ne saurait les exempter de la gravité de leurs actes.

Cependant, qu’est-il proposé aux habitants de ces quartiers à l’abandon ? Où sont les politiques de dialogue et de prévention ? Il est bien beau de vouloir lutter contre les voyous d’aujourd’hui mais si aucune action d’ouverture sur le long terme n’est engagée par l’Etat, le cercle infernal continuera de tourner à plein régime. Enclavées entre des barres bétonnées, les jeunes générations se perdront dans les mêmes travers que leurs ainés. Mais pour eux, la seule réponse de Sarkozy sera sur le front de l’absentéisme scolaire. Il a annoncé le dépôt d’une proposition de loi pour donner un « caractère systématique à la suspension des allocations familiales ». En outre, dès la prochaine rentrée, des établissements spécialisés verront le jour pour accueillir les élèves de moins de 16 ans « qui rendent la vie impossible » au sein de leur établissement. Cerise de taille sur ce gâteau amer : si les parents refusent de scolariser leurs enfants, la justice pourrait avoir son mot à dire. Comme politique de la main tendue, on a vu mieux. J’aimerai que le chef de l’Etat m’explique comment la justice décidera que des parents refusent de scolariser un enfant. Sur quels critères objectifs cette décision sera-t-elle fondée ? Il est rare qu’un enfant qui fasse l’école buissonnière en avertisse ses parents au préalable et il est tout aussi rare que des parents laissent faire avec leur bénédiction. Non. Dans ces quartiers mal-aimés de la République, où le taux de chômage transperce la moyenne nationale, ces parents sont eux-mêmes dépassés. Ils tentent de (sur)vivre avec le peu de moyens dont ils disposent. Outre le fait de se voir stigmatiser un peu plus, vouloir les sanctionner en supprimant les allocations familiales ne fera qu’ajouter de la misère à la misère, aggravant les problèmes que cette « solution » prétendait régler.

Monsieur Sarkozy, prenons rendez-vous dans deux ans à Tremblay, la Courneuve 4000 ou tout autre quartier déshérité de la République. Si d’ici là, la seule politique appliquée aura été celle du bâton, vos belles intentions sécuritaires n’auront engendré que ressentiment, misère et rébellion contre un Etat autiste qui ne sait entendre que ce qui arrange son électorat.

Vendetta sur la médiocratie


Depuis ses origines, Internet est un bouillon de culture dont peut émerger le meilleur comme le pire.  Pour ce qui relève de la seconde catégorie, les exemples ne sauraient manquer. L’un des plus fameux se nomme Mickael Vendetta. Inconnu du grand public, il est parvenu à imposer son nom et sa présence dans les médias par le truchement d’un blog dans lequel il présentait un concept en carton-pâte : la bogossitude. Ajoutons à cela une attitude outrancière, jouant à l’excès sur la mégalomanie, la vantardise et le mépris d’autrui. Tous les ingrédients étaient réunis pour que ce digne ambassadeur de la culture du Rien fasse un buzz. Et pour un représentant de cette espèce,  quelle suite pouvait être plus logique que d’échouer dans l’une de ces ambassades du néant intellectuel ? Endemol, producteur de « La Ferme des célébrités », ne pouvait laisser passer l’occasion de l’enfermer dans son cirque en compagnie de peoples au statut périmé. A l’issue de plusieurs semaines de diffusion ad-nauseam de cette émission,  Mickael Vendetta fut le gagnant avec 51 % des votes du public. A l’issue de cette victoire, il a déclaré à France-Soir : « Je veux envahir la société, que ma tronche soit partout« . Au moins sommes-nous avertis. Mais la société n’a jamais au final que ce qu’elle mérite. En portant au pinacle le roi autoproclamé de la « bogossitude », elle ne fait qu’entériner l’abrutissement de notre sens de la réflexion, la mise sous scellée de notre capacité à nous enrichir l’esprit.  Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1 affirmait vendre  » du temps de cerveau humain disponible« . Il avait eu la maladresse de dire franchement ce qui est une réalité  chaque jour plus vraie.

Car du temps de cerveau, il y en a des wagons complets. Le web est un espace où résident de nombreuses gares de l’inutile et de l’éphémère pour accueillir ces wagons. Ces arrêts sont souvent des Skyblog. Le réseau Skyrock (dont font partie ces Skyblog) est l’un des plus fréquentés par les internautes français. Pour cause. Sur cette plate-forme, il est possible de créer son blog. Or, force est de constater que ceux-ci atteignent des sommets dans la vacuité et la bêtise. Pour l’essentiel, ils sont un hymne au vide et à l’absence de toute construction intellectuelle. La fréquentation de ces espaces est d’ailleurs à déconseiller fortement aux cardiaques amoureux de la langue de Molière. Les déclarations enflammées (ou non) s’y font sous le règne du langage SMS. Comment ne pas s’émouvoir sur des superbes « ke j tm bb », Kr0 4 ever » et autres joyeusetés ? Rien d’étonnant à ce que le terreau de naissance de Mickael Vendetta se trouve dans ce haut lieu de pollution du net.

Un autre arrêt fréquent de ces tristes convois sont les réseaux sociaux avec l’inévitable Facebook en tête. Chacun en fait l’usage qu’il souhaite et il est vrai que le site se révèle fort utile : partager des informations, retrouver des anciens collègues ou camarades, se tenir informé du parcours de tel ou tel, … La liste est longue. Cependant, la vocation première de Facebook, à savoir interconnecter entre eux autant de monde que possible, est également son cheval de Troie par lequel la médiocrité arrive. Plus un site devient populaire et ouvert, plus il perd en qualité. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un oeil sur les groupes créés par les membres. La majorité font abstraction de l’orthographe la plus élémentaire et les commentaires déposés ne revêt pas la moindre once de réflexion. Toujours sur Facebook, certains profils paraissent des ovnis venus d’un ailleurs improbable. La consultation d’un site comme Faceploucs (une véritable mine d’or) devrait convaincre les plus sceptiques sur ce point.

La liste des arrêts du train de l’inculture pourrait être longue mais je me bornerai ici à n’évoquer que les cas susnommés. Ils se suffisent pour pointer du doigt la médiocratie engendrée via le tuyau internet et une certaine télé poubelle. Celle-ci est regrettable mais néanmoins inévitable. A partir du moment où un outil se voit approprié par la masse, il tombe dans cette médiocratie.

Que mes détracteurs soient rassurés, je ne prétends pas m’en exclure.
Je ne suis, comme eux, qu’un vulgum pecus.

Pédophilie dans l’Eglise, une curée pas très catholique


Une nouvelle fois, un scandale de pédophilie vient entacher l’Eglise. A Rouen, un prêtre a été mis en examen pour des faits datant des années 90. Si l’horreur de ces actes ne saurait être contestée, je m’interroge tout de même sur ce raz-de-marée soudain qui amène désormais chaque jour son lot de révélations. Une omerta se serait-elle levée, révélant un scandale longtemps caché ou bien une cabale savamment entretenue par certains médias chercherait-elle à imprimer insidieusement dans l’opinion publique l’idée que la majorité du clergé se livrerait à ces actes délictueux ?

Il suffit de parcourir les forums des sites des principaux quotidiens de la presse ou bien de faire un tour sur les groupes Facebook pour le constater. L’Eglise n’est qu’un ramassis de pervers et tout prêtre est un pédophile en puissance. La curée des anticléricaux est lâchée. Il faut bouffer du curé jusqu’à l’indigestion, jusqu’à en vomir. Ces mêmes personnes qui font preuve d’aussi peu de discernement sur le sujet oseraient-elles faire les mêmes raccourcis stupides sur des sujets autrement plus sensibles ? Non. Gageons même qu’elles furent parmi les premières à s’offusquer du désormais célèbre propos d’Eric Zemmour : « (…) la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait. » Pourtant, ont-elles plus de retenue dans leurs réactions sur les cas de pédophilie dans le clergé ? Bien au contraire. Pour ces gens-là, la plupart des prêtres sont des pédophiles… C’est un fait. Je m’étonne également de la différence de traitement qu’opèrent les médias selon les religions. Une telle bronca est-elle déclenchée quand un imam harangue dans une mosquée avec un prêche incendiaire ? Bien sur que non car un imam fanatique ne signifie pas que tous le soient. La même retenue serait souhaitable et nécessaire pour la religion catholique.

L’archevêque de Rouen, Mgr Descubes, a déclaré au micro de RTL que, « on le sait, la majeure partie des cas de pédophilie a lieu à l’intérieur de la famille et sont le fait d’hommes mariés. D’autres corporations comme le corps enseignants sont encore plus touchées. (…) Je ne vois pas que ces autres institutions soient salies autant par la presse. Il ne faut pas entacher l’immense majorité des prêtres qui consacrent leur vie à l’Eglise. » J’approuve une partie de son propos. Effectivement, aucune autre institution n’est salie autant que ne l’est l’Eglise car ces autres institutions ne génèrent pas des réactions aussi à vives, avec une seule volonté, celle de détruire. Malheureusement, il élude l’épineuse question du célibat des prêtres qui mériterait pourtant d’être posée. Si celle-ci n’est pas la cause des déviances de certains, elle peut cependant être l’une d’elles, parmi d’autres conséquences : homosexualité, prêtres défroqués, … Bien sur, ces deux derniers cas ne sont pas condamnables, contrairement à la pédophilie. Mais l’ensemble de ces faits devraient amener le Vatican à reconsidérer la question du voeu de chasteté plutôt que de voir le sexe comme un sujet tabou dont on ne parle que du bout des lèvres.

L’étoile de solitude


Ce soir, j’ai été embrasser les étoiles. J’ai étendu la main vers la galaxie. Délicatement, j’ai cueilli une comète. Sa chevelure m’a effleuré le visage. Toute la nuit, blottie contre moi, nous avons communié en silence. Elle me contait ses longues odyssées à travers l’espace. Pauvre astre perdu et solitaire ! Des larmes perlaient à la surface de l’étoile. Elle se remémorait l’histoire de l’Homme. Elle voyait ses souffrances, ses joies, ses espoirs, ses bêtises et ses amours,

Ces veuves éplorées,
Ces fils immolés sur l’autel de la guerre,
Ces filles au coeur piétiné,
Ces maris brisés par le Temps,
Ces femmes pleurant sous le voile du silence,
Ces fanatiques tuant au nom d’un Dieu d’Amour,
Ces libertins faisant de l’amour une profession,
Ces jeunes sans idéaux,
Ces philosophes professant une liberté erronée,
Ces vieux piétinés par leur descendants.

L’étoile se souvenait et voyait tout cela. Qu’aurai-je pu dire ? Je lui caressais la chevelure, impuissant. Ses sanglots hurlaient dans le silence de l’espace. Puis l’étoile m’a montré

Ce soldat violant une jeune fille vierge,
Ce prêtre ne croyant même plus en son Dieu,
Cet enfant battu par une main du même sang,
Cette prostituée soldant un instant d’Amour illusoire,
Ce mendiant dormant sur une bouche d’aération,
Ce dealer avec la Mort sous le manteau,
Ce policier se logeant une balle dans le crâne,
Ce bébé jeté par une fenêtre par sa mère,
Cet adolescent se jetant sous un train,
Cet homme se débattant dans l’alcool,
Cette femme ne croyant plus en l’Amour d’une vie,
Cette star adulée pleurant sa solitude.

Les larmes de l’étoile brillaient, infinité de paillettes. A la fin de la nuit, l’étoile est repartie. Dans mes mains, j’ai découvert un livre de cuir aux coins argentés et aux pages dorée à l’or fin. Dessus ne figurait aucun titre. Je l’ai ouvert et j’ai vu

Ce bébé seul dans un lit d’hôpital,
Ce garçonnet rejeté par ses camarades,
Cet adolescent se droguant,
Un amour disparu dans l’océan de toute éternité,
Un père offrant des coups de ceinture,
Un homme seul dans sa vie,
Un homme se sentant si différent,
Un homme sans doute trop sensible.

Et voyant tout cela, j’ai pleuré comme l’étoile.
L’étoile n’est pas venue me caresser les cheveux.
Je n’ai pas pu me blottir contre elle.

Homélie guerrière


De toute part, les armes s’affûtent.
Au loin, un tonnerre sourd gronde.
Les nations se dressent, se scrutent.
Les enfants jouent avec les frondes.

Le sang bouillonne dans les veines.
Des chants martiaux sont scandés.
L’homme vient embrasser la peine,
L’armaguedon comme ultime destinée.

Aux mots vont succéder les crimes.
L’horizon ouvre ses portes aux légions.
A Mars, l’humanité va payer sa dîme,
Se détruire au nom de tristes religions.

Palestiniens, Israéliens, Américains,
Tous les peuples de ce monde éteint,
Musulmans, juifs mais aussi chrétiens,
Sur vos mains coule le sang du prochain.

Un homme s’explose à la gloire d’Allah.
Le peuple élu assassine avec grand fracas.
Dieu, métaphore de nos pulsions immondes,
Religion, linceul mortuaire de ce monde.

Lolita’s broken


Par quoi commencer la description de ce mortel ennui qui me crucifie sur place ? Par une maxime éculée telle que « plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien » ? Non. Voila qui est bien trop banal. Je laisse ce genre de considérations aux petites cervelles. Autre option, clamer que j’aime aussi peu mes congénères que eux ne m’aiment. Ouais… Comme formule percutante, il est facile de trouver mieux. Je vais me contenter de vous écrire que vous me dégoutez, tous autant que vous êtes. Je crache sur notre société aseptisée et son prêt à penser soigneusement emballé sous la cellophane télévisée.

Chaque matin, prendre les transports en commun pour s’insérer dans la grande productivité humaine. Les voyageurs se regardent sans se voir. Des yeux morts s’embrassent dans une étreinte dénuée de toute sensualité.

Une quadragénaire extirpe de son sac à main un miroir portatif. Elle s’y regarde, souriante, semblant ne pas voir le reflet fané qui lui est renvoyé. Elle arrondit ses lèvres, formant une repoussante ventouse « collagénée ». Voyant que je l’observe d’un air goguenard, l’idiote se fend d’un demi-sourire. Sait-elle qu’il vient trahir des rides difficilement ravalées à coup d’injections de botox ? Elle me fait de l’œil. Bourgeoise voulant jouer à la lolita sur le tard, au nom d’une prétendue libération des mœurs ou bien pour s’immoler sur l’autel des chiennes de garde, je la dévisage : Des seins refaits, des fesses galbées, bienvenue dans un corps factice, géré par un cerveau euthanasié.

Mes pensées divaguent. Je m’imagine tentant de lui faire l’amour. Parviendrais-je à éprouver le moindre désir pour elle, voir même juste à lui faire croire ? Serais-je assez doué pour qu’elle se sente pleinement femme et non pas juste poupée Barbie se dégonflant entre mes mains ?

A côté d’elle, sa fille sans doute, ou du moins, ce qu’il en reste tant sa mère lui a retiré toute humanité en projetant ses frustrations sur elle. Quel âge peut-elle bien avoir ? 15 ans au mieux. Avec son Tee Shirt moulant manche longue, couleur rose bonbon indigeste, elle tente d’exhiber fièrement une poitrine qui n’en est encore réduite qu’à sa plus stricte expression. D’un jean taille basse émerge un string, disons-le clairement, de petite pétasse voulant jouer aux grandes personnes sans connaitre les règles. Tout comme sa poupée Barbie de mère, elle se mire dans un miroir portatif, exactement le même modèle. Je me surprends à me demander si la mère n’a pas bénéficié d’une promotion spéciale chez Zara : « pour deux jeans taille basse achetés, nous vous offrons les miroirs assortis ». Ce qui est certain, c’est que fille et mère sont assorties.

Arrivée au bureau, la bourgeoise en mal de sensation attendra que son patron s’absente pour se jeter sur son site de rencontre favori. Elle se shootera les neurones avec les mots enflammés de ses cybers amants. Croire encore qu’elle existe, sentir son cœur vibrer, que le train de l’amour peut l’embarquer à son bord, son mari ayant depuis longtemps fait dérailler celui de leur mariage. Elle échangera des mots passionnés avec des hommes dont la femme s’est perdue au détour d’un aiguillage. Peut-être même ira-t-elle, ô suprême folie, jusqu’à envoyer sa photo datant d’il y a quelques années.

Le soir venu, une fois le plat préparé sorti du micro-onde, elle écoutera sa fille lui raconter ce qu’elle voudra bien entendre. Perdue avec délectation dans le souvenir des mails sensuels de la journée, la mère ne relèvera même pas que sa petite lolita de pacotille sent le tabac froid.

Sans doute se caressera t’elle ensuite un peu sous ses draps pour oublier sa solitude. Certainement après, elle pleurera en silence, n’étant pas parvenue à oublier cette solitude.

Et pendant que sa poupée Barbie de mère pleurera, une petite fille, interdite d’enfance, s’enfoncera une aiguille dans le bras pour oublier sa solitude.